A l’origine des minorités chrétiennes

Zoroastrisme, Mithraïsme, Manichéïsme, Bogomiles Policiens et Cathares
(Jean-Philippe Verles)

On ne peut parler du Zoroastrisme (du nom de Zarathoustra Prophète Perse) sans évoquer le Mazdéïsme au sein duquel cette pensée pris racine. Le Mazdéïsme remonte aux tribus indo-européennes des 2ème et 1er millénaires avant JC et possède une étroite parenté avec l’ancienne religion indienne décrite dans les Veda.

Le dieu suprême, Ahura Mazda (Varuna, en Inde), est entouré de divinités, les Amesa Spenta. Le Mazdéïsme est polythéiste.

Ainsi, Zarathoustra réconcilia en la personne d’Ahura-Mazda Dieu un seul et même Dieu du Bien et de la Sagesse sous la forme d’un monothéïsme qui lui même influença probablement le judaïsme qui à l’époque n’était encore qu’une monolâtrie yahviste, puis un hénothéïsme pour enfin devenir un monothéïsme. Le christianisme ayant de son côté et par la suite construit un monothéïsme Trinitaire dont on verra plus loin la difficulté d’interprétation théologique.

La religion Zoroastre est donc monothéiste : Ahura Mazda est Le Dieu Bon, à l’origine de toutes choses, mais … Sous lui, règnent 2 « Esprits » jumeaux :

- Spenta Mainyu, le Saint Esprit et

- Ahra Mainyu, plus connu sous le nom de Ahriman, le Mauvais Esprit.

Ce dualisme est fondamental : l’homme choisit librement la voie qu’il va suivre. Si ses pensées, ses actes et ses paroles sont exemplaires, il sera récompensé après sa mort par une place dans le royaume d’Ahura Mazda. En effet, au moment du Jugement dernier, une grande ordalie (« jugement de Dieu ») par le feu et le métal fondu, présidée par Ahura Mazda, châtiera les méchants et les bons accèderont à la résurrection spirituelle.

Les gnostiques de leur côté croyaient qu’à travers la gnose/connaissance confiée à ADAM par Dieu avec le fruit de l’Arbre de la Connaissance, ils pourraient surmonter par eux-mêmes les forces des ténèbres pour parvenir au Royaume de Dieu. Ils furent vite déclarés hérétiques par l’Eglise qui s’était déjà autoproclamée « passerelle » unique entre les hommes et Dieu.

Cette dualité Bien v/s Mal issue du Zoroastrisme donna naissance au manichéisme au 3° siècle ap JC du nom de son prophète Mani qui enseigne en « Iran » une nouvelle doctrine associant le zoroastrisme, le christianisme et le boudhisme et mettant en jeu la lutte entre la Lumière et les Ténèbres. L’espèce humaine est créée par la Concupiscence qui espère qu’en se multipliant l’homme éparpillera les particules et les empêchera de remonter dans leur royaume.

C’est le manichéïsme avec cette dualité Lumière v/s Ténèbres qui fut à l’origine de la culpabilisation de la condition humaine, du péché originel (rappelant que Saint Augustin était un manichéïste converti au christianisme), etc…

Apparus en Arménie vers le milieu du VIIe siècle, les pauliciens constituaient une secte dualiste qui se rattachait au manichéisme et qui forma probablement le premier anneau d’une chaîne conduisant aux bogomiles.

Le bogomilisme est de même un mouvement chrétien de l’époque également inspiré des gnostiques et du manichéisme, il inspira à sa suite les mouvements cathares. Un pope du nom de Bogomile prêchait des théories dualistes en 950. Ses prêches connurent un fort succès puisque la philosophie qu’il prêchait devint le Bogomilisme, Catharisme primitif Sa philosophie s’étendit à la Macédoine, au Péloponnèse, en Turquie et en Bosnie.

On ne peut également évoquer le Zoroastrisme sans prendre en compte le Mithraïsme, religion du Dieu Mithra sacrificateur d’un taureau dont il mangeait la chair et buvait le sang. Importée d’Iran par les Romains le mithraïsme pénètra en Europe ou il devint fleurissant en particulier dans les légions Romaines avant d’être remplacée sur ordre de Constantin qui demanda à toute son armée d’adopter le christianisme qui proliférait dans les basses classes sociales et qui devenait un élément de rebellion sociale incontrolable. Mithra, cet Homme-Dieu, est né un 25 décembre au fond d’une caverne et a été vénéré comme Dieu Solaire. Sol invictus, il est ce soleil invicible qui, mandaté par Dieu, lutta contre le taureau sacré, le mit à mort et avec son sang fertilisa la terre. Dieu médiateur, il demeure toujours prêt à aider les Hommes, à intercéder pour eux et à les guider. Par ses fonctions, il préfigure le Christ, et les rituels du baptème et de la communion  Mithraïque sont étrangement très proche de ceux du christianisme.

Le catharisme

La racine grec du nom Cathares signifie  » pur « . Actuellement, les plus grands spécialistes de l’étude Cathares s’accordent à dire que les principes de cette religion seraient même antérieurs à celle du Manichéisme prêché par Manès.

Plus que le Manichéisme, le gnosticisme semble être la vraie racine du Catharisme. Bien avant Manès, les gnostiques défendaient l’idée d’opposition entre les deux principes du Mal et du Bien. Ils soutenaient que l’âme, image de Dieu, était emprisonnée du corps créé par le Mal.

Ces mêmes théories se retrouvent dans les bases mêmes du Christianisme primitif, il est donc probable que le Catharisme y puise ses racines profondes. Le Catharisme s’est implanté à travers l’Europe en Italie du Nord et en Bulgarie. C’est en effet en Bulgarie que nous retrouvons les traces les plus anciennes du Catharisme. En 1180, le Bogomilisme ou Catharisme devint la religion d’état de Bosnie. Les adeptes Cathares appelés Parfaits se nommaient entre eux « Bons Hommes », « Bons Chrétiens » ou « Amis de Dieu ». Ils eurent une influence considérable sur les esprits. Ils recrutaient parmi les nobles, les bourgeois et les marchands. Les femmes étaient sensibles aux messages d’Amour du Catharisme. Ils allaient de ville en ville et de château en château vêtus de bure noire, ceinturés d’une corde blanche et portant l’Evangile de Saint-Jean qu’ils avaient traduit dans le langage commun permettant ainsi, de le mettre à la portée de tous. Ils parcouraient les campagnes deux par deux et répandaient la bonne parole.

Les Cathares se proclamaient Chrétiens mais rejetaient en bloc l’Ancien Testament ainsi que les rites de l’Eglise Catholique. L’Eglise Cathare pratiquait un seul et unique sacrement le  » Consolamentum « . Le croyant devenait Parfait et retrouvait par cette purification son âme glorieuse. Ce sacrement n’était donné qu’avec prudence et parcimonie. Il impliquait que le récipiendaire de ce sacrement vive dans une foi Cathare complète. C’est pour cela que le Consolamentum n’était donné qu’au porte de la mort ou après un engagement certain et sincère.

Le Christianisme

La vie de l’Eglise est marquée par les différents conciles (du latin concilium, assemblée), ou synodes (du grec sun-odos = chemin commun), assemblées d’évêques qui établissent les règles de la foi et de LA discipline commune.

Les premiers conciles de l’Eglise catholique (puisque c’est à partir d’elle que s’identifieront progressivement toutes les autres) se sont d’abord attachés à rompre avec le judaïsme, construire la théologie trinitaire, à décréter l’infaillibilité de la hiérarchie en matière de dogme, constituer progressivement les canons et les écrits qu’elle estimait véritables.

Anathèmes et schismes marquèrent ainsi les quinze premiers siècles de sa longue histoire.

Les conciles semblent trouver leur origine lors de l’assemblée de Jérusalem, appelée également concile de Jérusalem en l’an 49. Il était appelé à régler le problème du  »Comment devient-on Chrétien ». Les premiers convertis étaient issus du Judaïsme, mais fallait-il considérer que c’est une étape indispensable? La Loi de Moïse qui prévoit la circoncision est-elle abolie? Etc….

C’est à cette époque que Paul se revendique comme l’un des apôtres de Jésus-Christ qui, quelques années après sa mort, sa résurrection et son ascension, sans ne jamais l’avoir rencontré de son vivant, lui serait apparu et l’aurait converti. Il prit le pas sur les disciples de Jésus, dont son frère Jacques, et fut à l’origine (et non pas Pierre comme la tradition le laisse encore souvent entendre) par ses nombreux écrits, de la doctrine chrétienne. Si Paul fut le promoteur de l’universalité de cette nouvelle religion, il n’en imposa pas moins une rupture définitive avec le judaïsme.

Entre le premier Concile de Jérusalem et celui de Nicée en 325, de nombreux courants de pensées issues du christianisme primitif se développèrent et de nombreux évangiles furent écrits. Le christianisme s’est réellement doté d’une théologie et d’un canon qu’à partir du Concile de Nicée ou tous les écrits non conforme à la doctrine définie par le Canon furent détruits. Parmi tous les évangiles en circulation à cette époque, survécurent quelques évangiles dits apocryphes : Evangiles de Philippe, Marie, Judas, Thomas, etc….

Ce premier grand concile de Nicée proclama l’infaillibilité de l’Eglise et sa position de seul lien vers Dieu, en conséquence de quoi il condamna la gnose qui proposait à l’homme la possibilité de retrouver sa nature divine par ses propres moyens.

La doctrine chrétienne s’est d’abord construite à l’origine autour du symbole de Nicée, c’est-à-dire la reconnaissance de la consubstantialité du Père et du Fils ; l’arianisme qui en contestait le fondement fut l’une des premières hérésies déclarées.

L’arianisme : est une doctrine issue des enseignements d’Arius, prêtre d’Alexandrie qui pose la question de la divinité du Christ et y répond en affirmant que le Christ est une créature du Père et non co-éternel. Créature au-dessus de toutes les créatures, créée avant tous les siècles, mais créature. Ce fut la première grande hérésie chrétienne et certainement une des plus graves. Elle mettait en cause la Trinité et la divinité de Jésus-Christ. Ramené en occident par les barbares, elle survécut jusqu’au VIIème siècle.

La conclusion majeure de ce Concile de Nicée est donc : « C’est bien Dieu qui s’est fait homme et qui a versé son propre sang pour le pardon des péchés ».

l’Arianisme ne s’est pas dissout avec les résolutions du Concile de Nicée, au contraire sa théologie a évolué et si le Fils n’est pas Dieu mais seulement déifié, il doit en être de même pour l’Esprit Saint. Face à cela, au concile de Constantinople en 381, cent cinquante évêques orientaux promulguent la profession de foi dite de Nicée-Constantinople qui est encore en vigueur dans les assemblées chrétiennes :

Je crois en un seul Dieu,

Le Père tout-Puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible.

Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ Le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu, Engendré, non pas créé, de même nature que le Père; et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel; Par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux écritures, et il monta au ciel; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts; et son règne n’aura pas de fin.

Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne vie; il procède du Père et du Fils; Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire; il a parlé par les prophètes.

Je crois en l’Eglise, une, Sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J’attends la résurrection des morts et la vie du monde à venir. AMEN

Ainsi sont définitivement affirmées en 325 les doctrines :

1. de la Consubstantialité et de la coéternité des trois personnes divines.

2. de l’incarnation du Verbe contre ceux qui disaient que le Verbe n’avait pas d’âme humaine.

Au concile d’Ephèse en 431, il avait été admis par les chrétiens que le Christ n’avait qu’une seule nature, divine à laquelle s’adjoint un corps humain. Ne reconnaissant pas cette nature unique, Nestorius, évêque de Constantinople, éduqué dans la théologie dualiste, fut condamné. Au cours de ce même concile, pour clôre tout autre débat théologique, fut décidé qu’il ne pourraient y avoir d’autres nouveaux credo.

Le Nestorisme/nestoriasnisme : (il n’y a pas union en Jésus-Christ des deux natures humaines et divines). Le terme de « nestorien » est impropre. Il vaut mieux parler d’Eglise chrétienne de Perse ou, pour reprendre le terme actuellement retenu, d’Eglise syrienne orientale. Les Églises héritières de ce courant du christianisme oriental sont actuellement certaines communautés chrétiennes de l’est de l’Anatolie et du nord de la Mésopotamie  (Turquie et Irak), avec l’Église assyrienne et sa jumelle unie à l’Église catholique, l’Église chaldéenne.

Concile de Chalcédoine 451 : déclare plus précisément que JC est considéré une seule personne en deux natures, les monophysites, en revanche, affirment que le Fils n’a qu’une seule nature et qu’elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine. En cela le monophysisme s’oppose aussi et par ailleurs au nestorianisme.

Selon ce concile dont furent écartés les monophysites, Jésus-Christ est à la fois vrai Dieu et vrai homme en « une seule personne et deux natures, sans confusion ». Malgré cela, le monophysisme continue de se développer dans les provinces byzantines de Syrie et d’Égypte auprès des populations coptes tout au long du VIe siècle, jusqu’aux invasions perses puis arabes au tout début du VIIe siècle.

Absents du concile de Chalcédoine, les théologiens arméniens soupçonnent les membres du concile d’avoir été influencés par l’hérésie nestorienne, ils décident de s’en tenir aux dispositions du concile d’Ephèse et donc de rejeter le canon de ce dernier concile.

Le monophysisme (Jésus « est » Dieu) est encore professé aujourd’hui. Ce sont les Églises préchalcédoniennes (arménienne, syro-jacobite, copte-orthodoxes, etc.).

Les Coptes

L’ancienne Egypte pharaonique fut conquise aux Perses par Alexandre vers 330 à av.J.C. et il s’y constitua alors une civilisation originale, les Ptolémées, limitée d’abord dans la région du Delta, puis étendue à l’ensemble même de l’Égypte. En 30 av. J.C. l’Égypte devient romaine. C’est à cette époque que le christianisme s’y développa comme dans tout le bassin méditerranéen. C’est en Égypte, sur les bords du Nil que déjà la Sainte Famille est venue s’exiler jusqu’à la mort d’Hérode. Selon la tradition, là ou elle s’arrêta, on y construisit des églises plus tard.

L’Église copte fut fondée par saint Marc l’Évangéliste et elle se considère donc comme une église apostolique. Comme les autres Eglises monophysites (Jésus n’a qu’une seule nature divine incarnée en humanité), l’Eglise Copte rejette les décrets de Chalcédoine, condamne les hérésies arienne et nestorienne et s’en tient aux décisions des trois premiers conciles. En procédant ainsi, les Eglises coptes, arméniennes et jacobites se tinrent à l’écart des rivalités des Eglises latine et grecque.

L’Eglise syro-jacobite

Au VIe siècle, l’impératrice Théodora (Epouse de Justinien empereur byzantin) soutient les Syriaques. Elle fait nommer deux évêques Syriaques dont Jacques Baradée qui parcourt l’Asie Mineure et la Syrie ordonnant prêtres, diacres, évêques et constituant ainsi une hiérarchie parallèle qui donne naissance à l’Église syriaque orthodoxe ou Église jacobite. Les villes étant fidèles à la théologie officielle de l’Empire byzantin, l’Église syriaque orthodoxe se développe dans les campagnes de la Syrie intérieure et trouve refuge dans les couvent. C’est n’est qu’au VIIe siècle, avec l’invasion arabe … que cette Église peut alors se développer davantage !

L’Empire Romain d’occident et d’Orient

En 395, l’empereur romain Théodose 1er divise en deux l’empire romain. En le partageant entre un empire d’Occident et un empire d’Orient, il veut plus facilement le protéger contre les attaques des Barbares.

L’Occident de son côté sera dépecé par les Barbares et le dernier empereur d’Occident, un enfant, est déposé en 476 par un chef ostrogoth. L’empire est réunifié en apparence sous un seul empereur qui réside à Constantinople, mais en fait, il n’a aucune autorité sur l’Occident.

Toutefois, dans sa partie orientale, l’Empereur continue de régner en souverain absolu. En 527, l’empereur Justinien tente une reconstruction de l’Empire bicéphale et demande à ses juristes d’unifier les anciennes lois romaines dans un document unique, le Code Justinien, aussi appelé Digeste.

Mais il a moins de succès dans sa tentative de restaurer sa propre autorité impériale en Occident. Ses armées réoccupent difficilement une partie de l’Afrique du nord, occupée par les Vandales, et une partie de l’Italie, occupée par les Ostrogoths et elles se cantonnent sur les côtes et s’épuisent à repousser les attaques de leurs ennemis.

Les deux parties de l’empire s’éloignent désormais l’une de l’autre, l’Occident restant malgré les Barbares fidèle à la culture et à la langue latines de Rome, l’Orient cultivant la culture et la langue grecques.

L’empereur prend bientôt le titre grec de basileus, sa capitale, Constantinople, reprend son nom grec, Byzance et l’empire romain d’Orient se fait désormais connaître comme l’empire byzantin.

Bien que chrétiens les uns et les autres, les habitants des deux parties de l’empire se distinguent aussi de plus en plus par leur manière de prier et de célébrer les rites.

Le fossé se creuse entre le pape, qui réside à Rome, et le patriarche de Constantinople. Le premier se présente comme le successeur de l’apôtre Pierre et le chef de l’église catholique, c’est-à-dire universelle. Le second, fidèle à l’empereur, se veut le défenseur de l’orthodoxie, c’est-à-dire du seul christianisme qu’il croit authentique.

Le Concile de Nicée II en 787 marque, par la querelle des images, le début de la séparation des deux Eglises romaine et orthodoxe. Héritier du Judaïsme, le Christianisme ne doit pas avoir de culte des images : on ne représente pas Dieu, pas plus qu’on ne le nomme pour éviter les confusions possibles avec les cultes païens. Par ailleurs, en Orient, la célébration se déroule de part et d’autre de l’Iconostase, cloison percée de trois portes, en bois sculpté et peinte d’images Saintes.

Concile de Constantinople IV en 869 : Le Patriarche de Constantinople, Ignace, qui était encore soutenu par le pape est déposé par l’empereur qui le remplace par un laïc Photius qui rassemble les Patriarches orientaux d’Alexandrie, de Jérusalem et d’Antioche pour condamner les positions de Rome en particulier sur :

l’envoi des missionnaires romains en Orient,

le jeûne du Samedi,

le célibat des prêtres,

le problème du  »Filioque » (pour les chrétiens de langue grecque, l’Esprit Saint procède du Père PAR le Fils, pour les chrétiens de langue latine, il procède du Père ET du Fils…)

La tension entre l’ancienne et la nouvelle Rome ne fait que s’accroître sur les questions de suprématie. En 1054, le Pape et le Patriarche de Constantinople s’anathémisent mutuellement. Ces anathèmes réciproques ne seront levés que par  Paul VI et le Patriarche Athénagoras en 1965, après plus de neuf cents ans de séparation…

Les Eglises uniates

Sous l’influence latine, surtout à partir du XVIe siècle, nombre de chrétiens orientaux sont entrés en communion avec l’évêque de Rome, quelquefois sous la conduite d’une partie de leur épiscopat. Confessionnellement catholiques, ils n’ont pourtant adopté ni le rite latin ni les institutions occidentales décretés au concile de Florence (1439-1445). Nées sur ce fondement, les Églises orientales catholiques furent appelées «uniates» par les orthodoxes, avec une nuance péjorative.

Totalisant quatorze millions de fidèles, répandus au Proche-Orient, en Inde du Sud, en Europe de l’Est et plus récemment en Amérique, les Églises uniates restent très minoritaires dans le catholicisme. Leur histoire complexe, leurs institutions liturgiques et canoniques, qui relèvent de rites différents, témoignent de la difficile rencontre du christianisme occidental et du christianisme oriental.

À l’époque moderne, la première union fut celle d’une partie des nestoriens (double nature du Christ) de Mésopotamie (1551), désignés dès lors comme chaldéens.

Dans l’Empire ottoman, l’uniatisme se développa en prenant appui sur l’Église maronite, unie tout entière à Rome au moins dès 1181 et sous la protection diplomatique française ainsi que l’activité de religieux latins, franciscains, capucins, dominicains et jésuites. Ainsi furent officialisées des hiérarchies melkite catholique (1724), arménienne (1742), syrienne (1667 et 1763). En Égypte et en Éthiopie, des passages individuels au catholicisme permirent plus tardivement l’institution d’une hiérarchie copte (1895) et d’une hiérarchie éthiopienne (1930).

Les Vaudois

Du nom de Pierre Valdo, Vaudès ou Valdès, riche marchand de Lyon qui, frappé par la lecture de l’Évangile, vend tous ses biens pour prêcher en vivant dans la pauvreté. Il fait réaliser une traduction de textes bibliques dans la langue du peuple.

Il est suivi de nombreux disciples qu’on appelle vaudois. Valdo n’obtient pas du pape la permission pour les laïcs de prêcher. Les vaudois sont excommuniés au concile de Vérone (1184). Malgré les persécutions, les vaudois continuent leur expansion en France, en Italie, en Allemagne et jusqu’en Hongrie et en Pologne.

Les vaudois se séparent de l’Église catholique sur les points suivants :

le radicalisme évangélique, centré sur le « sermon sur la montagne » ;

la contestation de l’institution romaine : ils sont contre la papauté, contre le pouvoir et la richesse de l’Église ;

le rejet du purgatoire et des indulgences ainsi que du culte des saints ;

la prédication itinérante : la prédication est effectuée par des laïcs appelés « barbes » (oncle en piémontais, c’est-à-dire ancien). Les barbes sont célibataires. Ils pratiquent des métiers nécessitant des déplacements fréquents. À cause des persécutions, la prédication a lieu dans des maisons et non sur la place publique.

Les vaudois participent cependant à la messe et aux sacrements de l’Église catholique.

Dès 1526, les « barbes » assemblés en synode décident d’envoyer deux délégués en Suisse et en Allemagne pour s’enquérir des nouvelles doctrines de Zwingli, Calvin et Luther.

En 1532 au synode de Chanforan, dans les vallées vaudoises, le réformateur Guillaume Farel est présent. Son influence est décisive. Il emporte l’adhésion du synode en faveur des idées réformées.

La plupart des barbes deviennent pasteurs. Les localités visitées deviennent des sièges d’Églises réformées.

Bien que sévèrement persécutées, en particulier lors du massacre des vaudois dans le Lubéron en 1545, des communautés subsistent dans les vallées alpines et en Italie jusqu’à aujourd’hui. Elles se développent même jusqu’en Uruguay.

Les Églises vaudoises font partie du Conseil œcuménique des Églises depuis sa fondation.

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