Petit Glossaire du Bouddhisme

Petit Glossaire du Bouddhisme
Source : http://www.buddhablue.fr

I Les origines du Bouddhisme


Vers la fin du VIème Siècle avant JC, Siddharta Gautama, le futur Buddha historique (appelé plus tard Shakyamuni, le sage de Shakya), prince d’un petit royaume indien proche de la frontière népalaise, décide de fuir la vanité du monde et de devenir ermite. Ainsi commence l’histoire et l’aventure du Bouddhisme.

II Les Doctrines


2-1 Le Hinayana, ou le « Petit Véhicule », ou Theravada, encore appelé, Doctrine des Anciens :
Doctrine originelle prêchée par Siddharta Gautama, le futur Bouddha historique au VIème siècle avant JC. Chaque individu doit gagner son salut par sa propre ascèse, avec sa volonté pour seule arme, sans référence ni recours à un dieu supérieur. On parvient au « nirvana » en éliminant les passions, les désirs, les illusions du moi. Doctrine pratiquée au Sri Lanka, Laos, Cambodge, Birmanie et Thaïlande.

2-2 Le Mahayana ou « Grand Véhicule »
Doctrine développée par le philosophe indien Nagarjuna. (Fin du 1er Siècle) où Buddha est nommé « Sakyamuni ». La recherche individuelle cesse de devenir l’objectif suprême au profit de la recherche du salut d’autrui. Sur le point de parvenir au « Nirvana » le « Bodhisattwa », personnage d’une extrême sagesse et d’une infinie bonté, bloque le processus d’accomplissement de son propre salut pour aider les autres êtres à atteindre un état d’éveil comparable au sien.
Plus empreint de symboles et d’attributs que le Bouddhisme originel le « Mahayana » donne suite à une théologie et à une métaphysique extrêmement complexes, au sein desquelles « Sakyamuni » devient éveillé parmi tant d’autres. Contrairement au Bouddhisme originel, le Bouddhisme « Mahayana » dont procède le lamaïsme reconnaît la notion abstraite de Bouddha absolu, selon la formule consacrée « nature originelle et incréée, latente au sein de tous les êtres et émanation suprême de tous les autres Bouddha ».
Cette abstraction est désignée sous le nom de « Adi Bouddha », ou « Bouddha né de lui-même ».

2-3 Le « Trantrayana » ou « Véhicule des Tantras »
Doctrine développée par de grands érudits indiens (Tilopa, Nuropa, Atisha) et chantée par le poète tibétain Milarepa (10040-1123).
Dans les premiers siècles de l’ère chrétienne se développe en Inde une troisième voie le « Trantrayana » ou « Voie des formes ésotériques » ou encore le « Vajrayana » ou encore « Véhicule du Diamant », à partir des fondements du Bouddhisme du Grand Véhicule.
Le Bouddhisme Tantrique se distingue du Mahayana principalement par les moyens qu’ il propose pour atteindre la libération et l’éveil. Ces moyens rassemblent des techniques physiques et psychiques issues du Yoga et de la méditation. Elles fournissent la concentration en permettant de transcender le monde matériel.
Les adeptes utilisent aussi des méthodes très répandues basées sur des procédés symboliques comme :
1- Les Mantras : formules sacrées qui répétées par un fidèle concentrent les énergies liées à une divinité qu’elles sont censées évoquer.
2- Les Mandalas : représentés sous forme de dessins, des « Thangka », des sculptures, des compositions à base de poudre colorée ou de riz… Ils constituent une représentation du monde sous toutes ses facettes : en général sous la forme d’un diagramme ou d’une structure tridimensionnelle, organisés autour d’un centre entouré de zones concentriques. Ils servent de support à la méditation et à l’évocation sous la direction d un maitre.
3- Les Mudras : chaque geste des mains revêt une signification codifiée et précise qui traduit l’expression de la divinité représentée.

2-4 Le « Dhyâna « ou la « Voie de la Méditation ».
C’est la doctrine de l’école Bouddhiste Chan, fondée en Chine par « Bodhi Dharma » (470-543 après JC) au Vème Siècle.
1- Le Chan
Le Chan se caractérise par la pratique d’une forme particulière de méditation qui conduit à l’« Expérience Directe de l’Eveil ».
L’école chinoise du Chan a été crée au VIIème Siècle : elle est fondée sur le rôle central accordé à la pratique de la méditation, exercice spirituel dont le terme absolu est pour le disciple l’éveil, l’illumination, l’expérience de l’unité du tout.
Alors que le Bouddhisme Indien prônait l’illumination progressive, l’école qui s’imposa en Chine au VIIIème Siècle, dite Ecole du Sud, à laquelle appartenait le Chan, retint le principe de la soudaineté de l’illumination.
Autre divergence : à la différence du Véhicule des Anciens « Theravada » qui, respectueux de la tradition première, vise la libération de l’individu par et pour lui-même, le Zen, suivant les préceptes du Grand Véhicule Mahâyâna, engage ses adeptes à délivrer, outre leur propre personne, tous les êtres vivants auxquels ils offrent la compassion « Karuna ».
Leur démarche peut s’appuyer sur l’expérience et la sagesse des Bodhisattva, adeptes engagés dans la recherche de l’illumination.
2- Le Zen
Le Zen est un courant spirituel issu du Bouddhisme chinois, importé au Japon par deux moines, Eisai en 1191 et Dôgen en 1127.
Le Zen repose sur un enseignement que le Bouddha historique délivra à ses disciples sur les Pic des Vautours. Lorsque, à la suite du Chan, il affirme la relativité des écritures et privilégie les relations directes entre le maître et l’élève, le Zen affiche une singularité remarquable.
L’absolu est la nature de Bouddha : elle est l’essence même des choses, et à ce titre elle est universelle, donc présente dans tout être : elle est vide, inexprimable avec des mots et inaccessible à la raison.
L’homme ne peut en faire l’expérience que lorsqu’il perçoit l’éclair fulgurant qui libère son esprit, lui permet d’accéder à l’état d’éveil et le conduit au Nirvâna. Parvenir à cet absolu indicible, terme du parcours Bouddhiste, c’est renoncer aux désirs, se libérer de tous les maux. C’est effacer les illusions nées du conflit qui oppose sans cesse esprit et réalité, individu et cosmos, vie et mort.
3 Le Zen de Tradition « Rinzai »
Eisai partit en Chine suivre les enseignements du « Linji ». Ce courant de pensée, fidèle à la tradition du Chan de l’école du Sud, rejetait les textes, indiens ou chinois, comme autant d’obstacles à l’intuition de l’éveil et plaçait au cœur de sa doctrine le principe de l’illumination soudaine.
C’est lui qui parvint le premier au Japon où il prit le nom de « Rinzai ». De sa source chinoise, il garde les principes. Il se distingue des autres écoles Zen japonaises (Sôtô, importée par Dôgen en 1127, et Ôbaku, introduit par des religieux chinois au milieu du XVIIème Siècle) non par ses éléments doctrinaux, demeurés très proches, mais par les pratiques imposées aux adeptes.
Le disciple Rinzai désireux d’atteindre l’état d’éveil de l’esprit (Satori) pratique une méditation active, nommée « Kannazen », composée pour une part de méditation assise (« Zazen ») et pour l’autre d’un échange avec le maître (« Rôschi ») : Lors d’entretiens réguliers, celui-ci pose des questions paradoxales, appelées « Köan » afin de déconcerter sa pensée logique et de ramener son esprit à la pure intuition. Cette relation permet de transmettre la doctrine directement de maître à élève. Une autre méthode d’enseignement de la doctrine « Rinzai », que l’on retrouve dans les autres écoles, est la déclamation de « Sûtra ».

III Le Bouddhisme Tibétain


Le Bouddhisme Tibétain n’est pas tout le Bouddhisme, loin s’en faut. Par ailleurs, les médias ont tendance à confondre cause Tibétaine et Bouddhisme Tibétain.
On retiendra deux citations :
« Pour la plupart des Occidentaux, Tibet égale Bouddhisme et Lamas. Certes cette image propagée par de nombreux ouvrages y compris l’excellent  » Tintin Au Tibet » est largement vraie.
Toutefois, il faut la tempérer et surtout tenter d’expliquer les aspects philosophiques, symboliques et iconographiques parfois surprenants.
Produit d’une culture, le Bouddhisme Tibétain déroute l’Occidental en mal de rationalisme ou l’adepte d’une conception « plus simple » du Bouddhisme » (Françoise Pommaret – extrait de « Le Tibet, une civilisation blessée »)
« Les Tibétains ont eu raison d’élaborer un bouddhisme à leur main avec quantité de déités, de couleurs et de symboles. » (Olivier Germain Thomas –extrait de « Le Bénarès-Kyôto »)
Le Bouddhisme Tibétain se divise en quatre grandes écoles :
1- Les Nyingmapa : « Les Anciens »
2- Les Kagyupa : « Ceux de la Transmission Orale »
3- Les Sakyapa : « Ceux de la Terre Claire », dont le nom vient de la couleur du sol sur lequel est construit le monastère de Sakya.
Nb : ces trois écoles font parties de l’école dite des « Bonnets Rouges »
4- Les Gelugpa : « Les Vertueux » à laquelle appartient la lignée des Dalaï-lama Nb : c’est l’école dite des « Bonnets Jaunes »

IV Conclusions


Le Bouddhisme est une spiritualité sans dogme, dont le maître-mot est le détachement. Ce qui explique l’extension de cette doctrine loin des frontières d’origine, et son succès grandissant durant tout le XXème Siècle en Occident.
C’est plus une philosophie qu’une religion notamment au regard de la doctrine originelle de Siddhârta Gautama, comme au regard de l’école fondée par Bodhidharma. C’est sans doute aussi une religion, au sens classique du terme, au regard de l’intégration de l’ancienne croyance « Bön » et des cultes populaires Tibétains, comme au regard des pratiques du Lamaisme Tibétain.
Des multiples enseignements de la doctrine bouddhique, on citera l’épisode du « Si Yeou Ki », ou la Pérégrination vers L’Ouest tel que la décrit Olivier Germain Thomas dans son ouvrage « Le Bénarès-Kyôto » :
« Sur le point de retourner en Chine avec les précieux rouleaux des écritures Bouddhiques recueillies en Inde, Tripitaka et ses compagnons vont vivre une épreuve. Les moines leur avaient remis des pages vierges en guise de Sûtras ».
Le Bouddha du Passé (Dipamkara) se réjouit de la situation et se dit en riant : « les malheureux moines des terres de l’Est (la Chine) sont si bornés qu’ils ne savent pas ce que sont ces Sûtras sans écritures ; ne serait-ce pas rendre vaine toute la traversé du Saint Moine ? » (Il s’agit du pèlerin chinois Hiuan Tsiang que le texte nomme Tripitaka).
Se rendant compte que les rouleaux « n’étaient que papier blanc », les trois compères du voyage en Inde vont s’en plaindre au Bouddha qui rit puis leur dit : « C’est parce que vous les avez obtenus les mains vides que l’on vous a remis des volumes blancs. Ce sont néanmoins des Ecritures authentiques ; celles sans mots sont aussi bonnes que les autres ».
On peut, à partir de là, imaginer un changement radical dans l’histoire de l’humanité si les paroles sacrées avaient été transmises au moyen de pages blanches…
Est-ce par bonté ou par réalisme que le Bouddha leur fit remettre cinq mille quarante-huit rouleaux chargés d’écriture ?
Connaissant les hommes, il leur dit : « Pas question d’ouvrir un rouleau sans abstinences et ablutions purificatrices. »

Tout est dit.

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