Mai 2010 : Jean-Marc BAZY « Bouddhisme : philosophie ou religion »

Bouddhisme : religion ou philosophie ?
Jean-Marc BAZY
Avocat et moine zen ayant reçu la transmission du Dharma
de Maître Nishijima en 2003
Temple zen Gudo ji – 69100 Villeurbanne
www.dogensangha.fr

Vendredi 28 mai 2010

La voie dite du Bouddha, en sanskrit « Eveil » est fondamentalement une expérience humaine.

La cantonner au dualisme alternatif « philosophie ou religion » ne rend pas compte de sa nature et renvoie à la sottise de la question et aux définitions de l’une et de l’autre.

Religion : ensemble de rituels institutionnalisés en corpus supposés favoriser une connexion avec une transcendance. Mais la scientologie a été définie comme une religion.

Philosophie : science humaine qui étudie les formes de sagesse (philosophia).

La voie du Bouddha est peut-être ainsi classée dans toutes les catégories y compris leur contaire. On a pu dire que c’était une religion sans Dieu.

Ma conception est que le Bouddhisme est plutôt « praxis ». Et plus spécifiquement Pratique de la Réalité.

C’est cette dimension que je proposerai, après avoir abordé les 4 temps de sa logique interne traditionnellement dénomée « les 4 nobles vérités » que l’on peut transposer en :

- Idéalisme
– Matérialisme
– Action dans l’instant présent
– Réalité ineffable

C’est une voie de libération de la souffrance.

1 – QU’EST CE QUE LA MEDITATION ?

« En pratiquant la méditation, on obtient le bonheur dès ce monde. Avoir le corps et le cœur en paix, c’est être profitable à soi-même. Du fait que l’on a le corps et le cœur en paix, on ne perturbe pas la multitude des êtres. Cela c’est être profitable aux autres. »
Sutra des bons commandements.

« Celui qui a trouvé la vérité(le Bouddha) a proclamé que tous les dangers et les craintes, toutes les souffrances de l’existence ne naissent que de l’esprit. »
Shantiveda

2 – OU VUES DE L’ESPRIT

Méditer c’est entreprendre une extraordinaire et pourtant très simple exploration : celle de soi-même. Celle de son corps-esprit.

J’emploie ici cette expression car je voudrais bien que quelqu’un me montre la frontière précise entre le corps et l’esprit. Où commence l’un et où finit l’autre ?

Cette exploration se fait au travers d’une méthode simple : l’observation, l’attention pure à ce qui est présent. Sans enjeu, sans intention dirigée vers un but, sans espoir de découverte.

Sans chercher à faire le vide en soi, car vouloir faire le vide, c’est encore vouloir quelque chose, le rechercher, être tendu vers, comme pour s’en saisir.

C’est au contraire accueillir ce qui est observé, sans réflexe de jugement, de classement, d’étiquetage .En s’abstenant de toute saisie. Observer, seulement observer, que nos mécanismes de tri de l’information ne sont que des mécanismes et non des entités en soi.

Observer sans relâche ces simples capteurs d’informations insubstantiels, au mieux des outils changeants.

Observer ainsi que le mécanisme qui opère une fixation de l’image ou des perceptions-une inscription dans une mémoire- ( ne sommes nous pas la somme accumulée de nos mémoires ?), opère un tri sélectif de la réalité pour nous occuper à nous faire croire que ce mécanisme et sa projection est la réalité, est substantiel, en soi, alors qu’il ne fait que représenter la réalité, et l’enregistrer dans une mémoire.

Ainsi, commencer à faire la distinction essentielle entre nos représentations mentales de la réalité et la réalité elle-même est un pas important dans la Voie.

Dogen, maître zen japonais du 13° Siècle nous rappelle : la peinture d’une pomme ne nourrit pas. Seule la pomme nourrit.

Notre imaginaire, notre idéal, notre système de fantasmes, de rêves, mais aussi de références morales et nos structurations psychiques basiques, sont archétypés selon des ancrages ( encrages ?) variés.

Savoir identifier par la profonde observation que l’idéal imaginé n’est pas la réalité, et du coup cesser de s’y identifier comme un naufragé à sa bouée, est évidemment profondément libérateur.

Voilà à quoi engage la méditation, comme première marche nécessaire.

La méthode de la méditation a une importance majeure : elle doit s’abstraire de l’obstacle qu’elle cherche à transcender ou à englober : l’intellectualisme qui est aussi un ancrage mental nécessaire mais qui peut être trompeur.

C’est pourquoi la méditation est appelée dans la voie du zen, la pratique.

Celle ci est observation pure, pleine conscience, de préférence silencieuse, ( la parole se tait ), immobile, ( le corps se tait ). Cette observation se fond et oublie sujet et objet, moi et le monde. Quand les enfants jouent, ils ne pensent pas qu’ils jouent. Toute considération à,
propos d’un sujet et d’un objet séparé, mise de côté.

Cette attention pure, vigilante, de la méditation, va inexorablement nous conduire à un constat : notre seule réalité possible – mouvante et insaisissable – est le présent, ici et maintenant.

Cet instant présent est le seul lieu possible de nos vies que nous désertons tant que nous sommes perdus et agrippés à nos élaborations mentales, reflets d’une réalité passée( au mieux en cas de mémoire fidèle bien structurée ), ou de projections dans un futur imaginaire , soit noirci, soit idéalisé.

La méditation appelle, réapprend, discipline, à ré-investir ce lieu unique de notre vie, ici et maintenant. ( Ste Thèrèse d’Avila : « Mes sœurs, ne cherchez pas l’extase mystique, Dieu est au fond de vos casseroles » ).

3 – POUR LA PRATIQUE ZAZEN

Pour la pratique de Zazen, il est préférable de se mettre au calme, de choisir dans la mesure du possible un endroit où les motifs de distraction sont les moindres.

Une pièce aux murs nus convient, convenablement aérée et tempérée.

Le confort ne doit pas malgré tout, être à tout prix recherché.

C’est plutôt l’absence de recherche, de but, de préoccupation qui doit gouverner la pratique.

Ne faites pas Zazen en ayant faim ou après un repas plantureux.

Assurez-vous également que votre pratique ne va pas être dérangée par des besoins naturels. Prenez vos précautions.

Zazen, c’est seulement s’asseoir.

Beaucoup de contresens sont faits à ce propos.

L’important est d’être totalement attentif mais d’être totalement sans attente, en paix avec soi-même.

Ne soyez pas non plus trop fatigué ou épuisé.

Prenez d’amples vêtements, notamment au niveau de la ceinture, l’abdomen devant rester souple et détendu.

Vous avez à votre disposition un zafu, coussin rond épais, choisissez-le soigneusement en fonction de votre morphologie.

N’hésitez pas à vérifier la bonne hauteur du coussin sous vos fesses pour l’adapter à votre corpulence.

Votre coussin est face au mur.

Avant de vous asseoir, saluez, les paumes jointes, votre coussin et saluez les autres participants s’il y en a en vous tournant par la droite.

Si vous pratiquez dans un dojo, le début du zazen est marqué de trois coups de cloche.

Enjambez votre coussin par la gauche et asseyez vous.

Si vous le pouvez, prenez la posture du lotus : à défaut, votre jambe droite étant libre, appuyez votre genou gauche sur le sol et ramenez votre pied gauche vers le zafu.

Puis le genou droit étant posé sur le sol à la même hauteur que le gauche, ramenez votre pied droit et posez le soit sur la cuisse gauche (demi-lotus), soit sur le mollet gauche, le tranchant extérieur du pied entre cuisse et mollet gauche.

Levez-vous alors légèrement sur les genoux en prenant appui sur eux et ramenez avec vos deux mains le coussin sous vos fesses.

Calez-vous en prenant soin de veiller à basculer votre bassin vers l’avant.

Relâchez les muscles du bas-ventre, diaphragme souple et abdomen détendu.

Vous devez presser votre zafu à hauteur du périnée.

A partir de cette stabilité en forme de trépied, étirez sans effort excessif votre colonne vertébrale vers le haut.

Inscrivez-vous dans la verticalité qui est la ligne droite directe reliant le ciel et la terre.

La dignité de l’être humain est sa verticalité, sa droiture.

Installez-vous calmement mais résolument dans cette verticalité.

Pour cela, faites comme si un fil invisible tirait verticalement le sommet de votre crâne dans le même axe qu’un rayon qui partirait du centre de la terre et dans lequel votre colonne vertébrale serait positionnée.

Mettez l’énergie suffisante dans vos reins légèrement cambrés et votre nuque.

N’oubliez pas la verticalité jusqu’au sommet de votre crâne et ne penchez pas votre tête vers l’avant, évitez d’être Le Penseur de Rodin.

Vérifiez bien cette verticalité, votre port de tête doit être noble et altier comme si vous regardiez la ligne d’horizon.

Et lorsque vous avez fixé cette ligne, baissez votre regard sans bouger votre tête, à 45° devant vous.

Pendant la méditation, ne relâchez pas cette verticalité.

N’arrondissez pas votre dos, n’inclinez pas votre tête vers l’avant, ne laissez pas non plus votre menton partir vers le haut et vers l’avant.

Veillez régulièrement à rentrer votre menton.

Mettez du poids sur la partie arrière, occipitale du crâne dans le prolongement de la colonne vertébrale.

Laissez tomber normalement les épaules qui doivent être détendues et non pas relevées vers le haut, mais légèrement abaissées vers l’arrière.

Les bras tombent normalement sur le haut des cuisses.

Joignez les mains, la paume gauche sur la paume droite, le tranchant des mains à hauteur du bas-ventre, les pouces à l’horizontale se touchant délicatement, indexes et pouces formant dans un plan vertical un bel ovale.

Vous pouvez vérifier pendant zazen votre état avec le baromètre suivant : si vos pouces forment une montagne angle dirigé vers le haut, vous êtes probablement trop tendu ; si au contraire vos pouces forment une vallée angle vers le bas, vous êtes plutôt assoupi.

• Soyez constamment en fusion d’équilibre en éliminant toute tension inutile et tout avachissement.

Concentrez-vous alors sur votre respiration.

Observez-la et réalisez qu’il s’agit de votre premier échange avec l’extérieur, que l’air est essentiel, notre première nourriture.
Comprenez cette réalité avec chacune de vos cellules.

Réalisez que nous ne sommes qu’ échange..

A l’inspiration, emplissez-vous de paix en même temps que d’air.

A l’expiration, soyez en harmonie avec tous les êtres. Ne respirez pas bruyamment mais en silence.

Inspirez et expirez doucement par le nez, sans forcer, tranquillement.

Descendez calmement votre expir jusqu’au fond de votre hara dans un abdomen détendu en allant bien jusqu’au bout de chaque respiration.

Soyez attentif au centre d’énergie que constitue le hara, harmonisez-vous avec lui.

Observez les pensées et tout ce qui apparaît.

Prenez le temps de décomposer leur surgissement et les modalités de leur extinction.

Soyez complètement attentif à tout ce qui est présent, sans intention ni implication.

Laissez faire, soyez seulement là, complètement vertical dans votre souffle et votre posture.

Ne conceptualisez rien, soyez ouvert à ce qui est en dehors du champ de l’intellect avant sa formation.

Ne faites pas de monologue intérieur, laissez seulement vos représentations mentales comme telles, c’est-à-dire comme des reflets mais pas comme la réalité.

Laissez se dénouer tous les liens, les attentes et les conditionnements mentaux.

Vous pouvez au début de la méditation passer en revue les cinq skandas ou agrégats de la conscience :

– l’agrégat des formes physiques et corporelles,
– l’agrégat des sens « perceptions » en leur état brut ou premier,
– l’agrégat des sensations ou des sentiments, des émotions,
– l’agrégat des conceptualisations provoquant la volition.
– l’agrégat de la conscience.

L’ordre des cinq skandas est ici énoncé du brut à l’élaboré.

Accueillez sans hésiter chaque skanda sans prendre parti.

Ne cherchez ni à fuir, ni à combattre.

N’essayez pas non plus de vous approprier quoi que ce soit, de vous identifier à ce qui peut apparaître.

Laissez advenir en ne rejetant rien et en embrassant tout.

Embrasser veut dire prendre dans ses bras.

Soyez tendre et présent comme si vous teniez un nouveau-né dans vos bras, le bonheur indicible de la présence communielle et l’émerveillement de cet être vivant, en n’étant ni blasé,ni ailleurs, même si, surtout si cet enfant n’est pas celui que vous souhaitiez.

Etre tendre, c’est-à-dire ne pas être dur avec soi-même et avec les autres.

Ne recherchez pas non plus à vous faire mal. Si la posture est trop dure pour vous, n’hésitez pas sans déranger les autres, à bouger légèrement et à décroiser les jambes.

Faites gasho, reprenez une posture immobile.

Ne soyez pas non plus un samouraï ou un stoïcien spartiate.

Acceptez-vous. S’accepter, c’est se respecter. Se respecter soi-même, c’est respecter les autres.

Ne vous comparez pas.

Embrasser signifie aussi ouvrir sa conscience, englober, ne rien repousser, accueillir même ses zones d’ombre, ses difficultés, ses ruminations, ses fantasmes, mais en cessant de les entretenir sans cesse, de s’y fixer de s’y coller et d’y demeurer avec complaisance, de les poursuivre..

En observant que ce qui se dit sans cesse dans notre mental n’a pas de réelle consistance, qu’il s’agit tout au plus de capteurs d’informations, mais que nous sommes libres de ces capteurs et de ces informations, que nous ne sommes ni ces capteurs ni ces informations.

Tout ce qui apparaît dans notre mental est fondamentalement éphémère et instantané.

Les films que nous pouvons nous faire dans notre mental sont une sorte de représentation cinématographique, soyez immobile comme l’écran qui reçoit la projection qui n’est pas la projection du film.

N’ont pas davantage de consistance toutes ces pensées qui nous emmènent ailleurs qu’ici et maintenant. Dès que vous prenez conscience de l’échappée ailleurs, ne vous condamnez pas, soyez seulement conscient de l’échappée, revenez avec un des skandas ou avec la respiration au moment présent .

Soyez conscient avec toutes les fibres de votre corps esprit que le moment « présent » est un présent car la seule réalité possible de nos vies n’est que l’immersion dans ce présent.

Embrasser signifie cesser de discriminer, d’appréhender. Observez que le mot appréhender a trois sens :

• Premier sens, saisir : laissez tomber toute volonté, toute saisie, ouvrez vos mains et vos cœurs, lâchez prise, ne soyez plus crispés sur vos possessions en constatant qu’elles sont toutes illusoires.

Nous sommes tout au plus que locataires ou possesseurs éphémères et peut-être accidentels de nos cellules.

• Deuxième sens, comprendre : si la raison est nécessaire, laissez-la de côté pendant zazen.

Ne cherchez pas à échafauder, à rationaliser, à expliquer le monde, à l’ordonner, l’agencer, l’organiser ou à le planifier.

La seule réalité existe dans l’instant présent, que notre intellect s’y installe ou pas.

La réalité est plus large que notre intellect.

• Troisième sens, appréhender, redouter : dans l’unité retrouvée, de quoi avoir
peur ? Rien ne mérite qu’on ait peur. Ni la vie, ni la mort.

L’instant est présent où tout est donné. Angoisses, peur de perdre, anxiété, ne sont réellement fondées sur rien.

Il n’y a rien à perdre et il n’y a rien à gagner.

Zazen est la porte d’accès incroyable de simplicité au domaine qui n’a pas de début et qui n’a pas de fin : la réalité elle-même.

Qui peut assigner un début et une fin, à l’instant présent ?

La réalité est la même lorsque cessent les concepts et les jugements nécessairement faux.

Zazen est un joyau inestimable : la réalisation de la lucidité et de l’équilibre.

La compréhension profonde en dehors du champ des mots (« ce que je ne peux expliquer je le pratique, ce que je ne peux pratiquer je l’explique »).

Zazen est la rencontre intime et immédiate avec le réel tel qu’il est et non tel que je me le dessine, zazen est l’indicible pacification du corps-esprit, la vision claire de l’abandon dans l’instant présent.

De même que l’instant présent n’a fondamentalement ni début ni fin, il n’existe pas de limite précise à ce qui est appelé corps et à ce qui est appelé esprit.

De même que naissance et mort ne sont que des moments instantanés, fugaces, sans réelle substance, plutôt des continuum de ce qui n’a jamais cessé d’être là et de qui se déploie en des formes infinies.

La voie est universelle, elle s’applique dès que l’on s’assoie, ainsi du fond du cœur en abandonnant toute la machinerie mentale superflue.

Dans zazen, temps et espace ne sont que des considérations de l’esprit, quelques points de repères dans nos trajectoires.

Dans zazen, au-delà de la pensée intellectuelle, il est aisé de rejoindre cet espace, où apparition et disparition ne sont que des notions oubliées.

N’attendez pas la cloche de la fin, il n’y a pas de fin autre que celle de nos visions limitées. Laisser tomber la finalité harmonise avec l’éternité.

Pendant zazen, il est aisé de rejoindre ce temps où grand et petit n’a pas de signification réelle, pas plus que long ou court ; il n’y a pas de mesure et il n’y a pas à se mesurer.

Chacun est grand et petit à la fois, il suffit d’être indifférent à ce jugement de nous-même porté par nous-même.

Personne n’est plus grand parce qu’il est louangé ni plus petit parce qu’il est critiqué.

Rien ne change selon la louange ou la critique.

Pendant zazen, il s’agit de faire coïncider la présence de l’être et la conscience de l’être et de ne pas s’attacher à cette conscience, de laisser couler tranquillement l’impermanence, de la contempler, de l’oublier et de s’y fondre.

C’est le vrai et unique sens du mot communion : celle-ci ne s’expérimente que dans la réalité de cette coïncidence, de cet ajustement.

Dès que cette coïncidence se décale d’un millimètre, la dualité apparaît aussitôt, le monde des confusions et désirs exagérés et désordonnés, avides, la détestation de tout ce qui y fait obstacle, de l’absence de vision lucide de la réalité telle qu’elle est.

La lucidité appelée parfois éveil n’est pas propre à l’assise, mais l’assise silencieuse en permet l’accès immédiat.

Ne chavirez pas dans tout ce qui n’est pas la réalité de ici et maintenant : votre corps n’est composé que de la réunion momentanée et chanceuse des 4 éléments empruntés pour la durée d’un éclair et à restituer après usage.

Nous devrons tous retourner là d’où nous venons, c’est-à-dire éparpillés en poussière d’étoiles.

Zazen est la porte d’entrée de la compréhension ultime de la vie et de la mort.

Tous les bouddhas et patriarches l’ont expérimenté et ils ont montré la voie par une exacte et authentique transmission.

Lorsque la coïncidence n’est plus, nous gaspillons nos vies précieuses en futilités diverses et courons dans les retombées incessantes des apparitions et des extinctions.

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