Septembre 2011 : Denis AZOULAY « L’alphabet hébreu et la symbolique des lettres »

Vendredi 23 septembre 2011
“Origine de l’alphabet hébreu, symbolique des lettres et création des mots”
Dr Denis AZOULAY

L’alphabet peut être défini comme un système restreint de signes exprimant les sons élémentaires du langage avec lesquels il est possible de noter tout ce que l’usager peut vouloir exprimer.

L’écriture n’existe qu’à partir du moment où se constitue un système organisé de signes de symboles au moyen desquels nous pouvons matérialiser et fixer clairement tout ce que nous pensons et ressentons.

Elle peut aussi exprimer la volonté des hommes de vouloir laisser une trace de leur passage.

Quand est né l’écriture ?

Nul ne le sait mais nous pensons que l’alphabet est une invention sémitique du deuxième millénaire avant notre ére en Mésopotamie.

L’hébreu est un mélange de vocales et d’idéogrammes qui s’écrit de droite à gauche. Ce qui a fait dire à quelques humoristes que Dieu était gaucher.

Il n’existe pas dans cette langue de lettres capitales ou de majuscules.

Les livres bibliques en hébreu n’ont généralement pas de titre. Ce sont les premiers mots du texte qui servent de titre.

Mais ce qui fait réellement la particularité de cet alphabet est qu’il est consonantique. Il n’existe aujourd’hui que deux alphabets de ce type : l’arabe et l’hébreu.

Les livres bibliques en hébreu n’ont généralement pas de titre. Ce sont les premiers mots du texte qui servent de titre. Par exemple ? Berechit est le premier mot de la Bible, c’est aussi le titre du premier des cinq livre de la thora.

La crainte de l’hébreu était de figer le sens des mots. Il n’est donc pas étonnant qu’à l’ origine les voyelles aient été totalement absentes. Ce système laissait à chacun le soin d’ajouter la vocalisation adéquate. A cause de la diaspora, ce système laissa sa place à un alphabet constitué de voyelles et consonnes.

Ce système était caractérisé par la présence de points ou de bâtonnets au-dessus ou au-dessous des consonnes. Huit signes pour sept voyelles.

Avec la Haskala, équivalent juif du mouvement des lumières, puis surtout avec la montée vers la terre d’Israël des Juifs venus d’horizons divers sans partager une langue commune, naquit et se répandit l’hébreu moderne principalement mis en forme et adapté à l’ère actuelle par Eliezer ben Yéhouda.

Trois conjugaisons principales le présent, le passé et le futur.

Parmi les verbes spéciaux se détache le verbe être. Le verbe avoir n’existe pas en hébreu, qui utilise une périphrase.

En plus de ce qu’on a vu, l’usage du waw réversif est propre à cet état de langue, qui permet le passage au passé d’un verbe conjugué au futur, et vice-versa

Dans toutes les traditions, l’écriture à été donnée aux hommes par les dieux. Chez les Arabes comme chez les juifs, c’est Dieu lui-même qui créa lettre de l’alphabet. C’est donc un don de Dieu et non pas un fait humain. Elle n’a donc pas un processus de formation normale, ni un développement embryonnaire, ni une quelconque évolution. Elle a été offerte à l’homme achevée dans un état parfait prête à l’emploi. L’origine divine de l’écriture lui confère donc un caractère sacré.

D… dévoile les lettres à l’homme. Elle possède donc un pouvoir magique. La légende nous dit qu’à partir d’un point qui s’est étiré le youd est apparut puis s’étirant encore il s’est transformé en vav qui s’est uni avec deux youd pour former le aleph, première lettre de l’alphabet hébraïque et qui va retenir une bonne partie de notre conférence. C’est une lettre muette qui renforce l’idée qu’au début n’était pas le verbe mais le silence.

On raconte qu’en un temps ancien la lumière et les tènebres étaient mélangées que le souffle de Dieu planait sur l’univers. Tout n’était que chaos. La tradition nous dit qu’en ce matin du monde, l’aleph, première lettre de l’alphabet hébraïque, vint trouver Dieu et lui souffla une idée folle :

Le monde allait être créé par la parole divine et Dieu pensa qu’il serait bon que cela soit écrit. En échange, Dieu promis à l’aleph qu’à chaque fois que les lettres seraient utilisées pour former un mot, elles décideraient elles-même du sens de ce mot.

L’hébreu possède donc un sens visible compréhensible et un ou plusieurs sens cachés.

Voyons ce que nous dit le texte :

il commence par la deuxième lettre de l’alphabet hébraïque. Ce qui signifie qu’avant l’histoire, il y avait quelque chose de mystérieux qui nous échappe. Cette lettre Bet signifie maison, la troisième lettre de l’alphabet symbolise un homme qui court la quatrième lettre signifie porte ou un homme pauvre, la cinquième signifie la possibilité d’enfanter et ainsi de suite.

Les lettres n’ont donc pas été placées au hasard et leur position explique le pourquoi de la création du monde. Le comment sera laissé aux scientifiques.

Le troisième mot de la Bible est le nom de Dieu et on peut constater que ce nom est au pluriel, étrange pour un texte qui défende une idée monothéiste. Ce doute va devenir une véritable épine dans le pied quand on lit dans le premier chapitre de la genèse verset 26 que si l’homme à notre image et notre ressemblance et non pas comme on l’entend souvent à son image.

Passons au premier personnage de l’histoire ADAM. Adam vient de Adama la terre et nous voyons la avant les premiers écologistes le lien qui unit l’homme à son milieu.

Quand on dissèque le mot, on s’aperçoit que le premier homme est constitué d’une partie bestiale Dam et d’une conscience matérialisée par la lettre Aleph. Si on inverse le mot Adam on obtient mada qui signifie pourquoi renvoyant à un autre sens de la Bible qu’au début n’était pas le verbe mais la question.

Tout au long de la conférence nous avons découpé disséquer les mots afin de montrer que l’hébreu n’était pas une langue de mots mais de lettres.

Nous avons montré également que l’un des rôles de l’hébreu est de nommer, créer et séparer. Que chaque fois qu’un personnage change de nom, c’est qu’il s’est métamorphosé.

Nous avons vu que le nom de Dieu formé de quatre consonnes est un nom qui se décompose en présent passé et futur.

Pour terminer, nous constatons avec surprise que si on entasse les unes sur les autres la lettre Aleph et qu’on fait marcher un peu son imagination, nous obtenons une double hélice qui peut figurer la double hélice d’ADN à l’origine de tout.

Rituels des fêtes juives :

On peut se demander en quoi le judaïsme se distingue de ses soeurs de foi.

Pour le comprendre, il faut garder un esprit que le peuple juif est un peuple nomade. Chez ces peuples errants, une dimension artistique manque souvent : l’architecture. Les juifs ont en effet remplacé la construction d’édifices somptueux par l’édification d’une pensée parsemée de rites qui vous servira décorer cette maison abstraite.

Ainsi si les quatre religions incarnent quatre stades différents de l’homme : l’islam, l’adolescent avec ses crises et turbulences, le christianisme avec sa volonté d’apporter une réponse d’adultes le bouddhisme avec la sagesse du vieillard et son silence, le judaïsme lui, incarne l’enfant en devenir avec ce que l’enfant a de bons et de terrible.

Le judaïsme a souvent été appelé la religion du temps. En effet, elle propose à l’homme pieux de le faire rentrer dans des temps le rapprochant du divin.

Trois prières ponctuent la journée du juif pratiquant. Le shabbat sépare les jours profanes du jour religieux consacré au seigneur. 5 fêtes se retrouvent pendant l’année.

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