Novembre 2011 : Michel BIGONI « Les rêves initiatiques »

Vendredi 25 novembre 2011
« Les rêves initiatiques » – Michel BIGONI
Expérience personnelle sur l’initiation à travers les rêves

Chaque vision proposée dans le domaine de l’aventure spirituelle est intimement liée à la vie de celui qui la propose, je suis par exemple dan un domaine proche friand de connaître la vie du peintre dont j’admire les œuvres.

Je vais donc rapidement me situer en quelques mots dans ce coin du Bugey.

Je suis né dans une famille très modeste, et j’ai dormi mes premiers ans sur une paillasse de maïs, mon dieu comme c’était doux et bon ces sommeils sur cet infini de feuilles séchées. Sans doute que c’est à cette magie végétale que je dois mes premiers rêves et les suivants au fil de six décennies…

Une enfance comme les autres, dans une famille apparentée au communisme, donc aux lendemains qui chantent. Ce qui fait qu’à l’adolescence je me suis inscrit aux jeunesses communistes, pour un court temps il est vrai, je n’ai jamais pu marcher au pas dans une quelconque famille fusse-t-elle spirituelle… J’adorais la lecture et les mystères, je cherchais aussi parfois des réponses dans le missel familial, vestige de la communion solennelle de ma mère. En fait un jeune poète, révolté et timide, composant une chanson tous les deux jours, cherchant un sens à cette vie, un sens que l’engagement politique seul ne pouvait offrir.

J’aimais les femmes, le bon vin, Louis Aragon et le Triangle des Bermudes

Affolé à l’idée de devoir subir l’enfermement au sein d’une caserne, j’ai opté pour la coopération militaire comme professeur dans un collège en Tunisie à Téboursouk.

Et c’est là, un jour en feuilletant des livres de yoga à la bibliothèque de Tunis, que je suis tombé par hasard sur la photo de Sri Aurobindo… Ce visage symbolisait tout ce que j’espérais alors, l’idéal le plus haut que l’on puisse espérer sur terre, le grand sens. De retour en France, par l’intermédiaire des livres de Satprem, je fis connaissance avec Mère, compagne de Sri Aurobindo, et je compris la vision de la création que ces trois êtres incarnaient.

C’est alors que je fis des rêves très étranges qui seront le sujet de mon propos ce soir.

Ne croyant que ce que j’ai vécu, avec Saint-Thomas comme compagnon de route, je placerai mon propos très personnel sur l’initiation sous le signe de l’hypothèse à travers des formules comme « il semble que, on prétend que, j’ai lu quelque part… . Parce qu’une affirmation quelconque venant d’autrui, surtout dans le domaine du mental ne peut être admise que si elle est confortée par notre propre expérience. Jamais le savoir, l’érudition, en gros la connaissance mentale ne peut hisser une allégation dans les sphères de l’acceptation.

La vérité n’est pas le fruit bienheureux d’un consensus purement mental. Et puis la vérité est très aléatoire, passagère, utile au temps où elle éclot pour agir.

Je préviens, car il va être question ici du problème de l’initiation…

Petites réflexions sur la notion d’initiation.

Il semble donc que l’initiation au niveau spirituel soit une aide apportée par un ou par des êtres à une personne qui désire accéder à un niveau supérieur, à un changement de conscience, à une perception plus vaste des choses de la vie, à un sens disons supérieur de l’existence. Ce qui suppose deux impératifs. Le premier, c’est que cette personne soit digne, disons ait suffisamment de capacités pour être autorisée à franchir ce pas. La deuxième est que la conscience de ces êtres de chair et d’âme, ceux qui vont enclencher et conduire cette initiation soient déjà de l’autre côté et possèdent les pouvoirs de mener à bien cette transition.

Initiation mentale ?

Personnellement, je ne peux imaginer qu’une initiation soit uniquement un transfert de connaissances mentales. J’ai entendu dire, vous voyez, je n’affirme rien, que lors du sacre des évêques, ces derniers recevaient une initiation, et qu’un des savoirs qui leur était offert, était la révélation que le phénomène évolutif de la réincarnation, était un fait réel… Cela peut être bouleversant pour ces apprentis évêques habitués jusqu’à présent à combattre cette notion, et qui devront la dissimuler à leurs ouailles et leurs prêtres comme s’ils détenaient le Saint Graal sous leurs habits brodés.
Bof, aujourd’hui, je pense qu’une initiation de type ancestral au niveau mental est désuète, car nous avons accès à la totalité de tous les grands enseignements puisant leur source dans les millénaires passés.

Initiation et état de conscience élargi.

Il est possible de rétorquer aussi que l’initiation n’est pas seulement une transmission de savoirs purement mentale mais qu’elle s’accompagne surtout d’un changement sensoriel de conscience, d’un élargissement du champ de vision, d’une perception plus vaste de la création, d’une sorte de félicité tangible, ce que l’on appelle communément l’Eveil… Un darshan en Inde ou ailleurs donné à des personnes par le Maître à travers le regard ou l’imposition des mains peut conduire la personne à une illumination bien souvent passagère, mais qui marquera à jamais la vision des choses de cet être.

Un maître peut aussi guider un disciple lors d’étapes délicates de son chemin, par exemple l’éveil de la kundalini, cette force que l’on dit foudroyante lovée au bas de la colonne vertébrale et qui s’élevant traverse et active les Sept chakras situés sur le corps.

Tout ce qui fait percevoir plus vastement les choses de ce monde est bon à prendre… n’est-ce pas ? Mais bien rares étaient ces Grands Maîtres, et n’étaient-ils pas là dans le cadre d’un certain degré momentané de la vie spirituelle sur terre ? Depuis cinq ou six ans la plupart des derniers Maîtres de l’Indouisme ont laissé leur corps, comme pour un départ collectif programmé. Quant au bouddhisme, mouvement spirituel oh combien respectable entre tous, j’avoue respecter leur recherche et les effets positifs de celle-ci sur la conscience humaine collective. Mais bon, quoique l’on puisse dire, même dans ce cas là, il s’agit d’une démarche collective avec le but avoué de parvenir à échapper aux cycles de la réincarnation, c’est à dire à l’incarnation terrestre. Là aussi, trop de courants permettent toutes les interprétations possibles, c’est pourquoi, je reste dans la vision la plus générale.

Ce n’est pas ce vers quoi aujourd’hui les rêves me dirigent.

L’initiation et coïncidence au quotidien.

Ce qui n’empêche que la rencontre et l’écoute d’un autre être puisse jouer comme un éveil, une révélation de notre propre vérité intérieure. Au fil des synchronicités, des coïncidences pour reprendre les termes chers à « la prophétie des Andes », lorsque nous sommes touchés par une phrase, lorsque nous sommes sensibles à un propos, ce qui nous est révélé, c’est le fondement même présidant à notre vérité intérieure, celle qui doit fleurir à travers les actes que nous poserons pour accomplir la mission qui nous a été donnée d’accomplir.

Des phrases rencontrées au « hasard de lectures » font mouche. Je vous donne deux ou trois exemples en ce qui me concerne, la célèbre formule de Sri Aurobindo : « L’homme est un être de transition » ou les paroles incroyables des « dialogues avec l’ange » : « Autour de celui qui sait s’émerveiller, éclosent les Merveilles… » Ou celle-ci : « Suis ton propre chemin, tout le reste est égarement… » Quelle phrase initiatrice puissante que cette dernière injonction alors que les sectarismes et les intégrismes de tout poil enferment leurs ouailles dans des répétitions collectives.

Cette phrase fait mouche parce qu’elle est en phase avec le chemin de vie de l’être qui l’a lu. Un chemin de vie est un chemin de réalisation, un chemin de vie est la révélation de ce que le travail intérieur de cet être est à même d’offrir au monde pour permettre à l’humanité de se diriger vers plus de joie, de connaissance et d’amour, la Sat-chit-ananda des anciens textes védiques.

Rêve et initiation à soi-même.

Dans sa marche vers l’avenir au quotidien chacun je pense espère atteindre une plus vaste plénitude, soit en s’achetant la dernière Citroën, soit en dépassant un certain mal-être, une insatisfaction récurrente, un trouble physique ou psychologique… c’est évidemment cette seconde piste que nous allons suivre. Et l’éclairage parmi bien d’autres sera celui qu’offre les rêves.

Les rêves, je les ai toujours considérés comme étant de nature initiatrice, mais s’adressant à des niveaux de nos êtres différents.

Ce premier stade de ce que nous pourrions qualifier d’initiateur à notre état d’être présent recouvre les grandes théories communément acceptées aujourd’hui, limitons-les à Freud et à Yung.

La simplicité de mes propos, la synthèse parfois schématique des diverses théories sur les rêves, étant nécessaire pour que je puisse y voir clair avant tout avant d’oser vous parler de ce formidable mystère que recouvre le phénomène onirique.

Alors très vite examinons les quelques méthodes d’analyse des rêves depuis le début du 19ième siècle.

Freud

Freud ne fut pas le premier à analyser les rêves, mais il fut le premier à dresser une vision générale sur leur rôle. Pour ce psychanalyste, l’esprit de chaque homme est composé d’une partie consciente reposant sur une sphère bien plus importante qu’il nomme l’inconscient. Pour lui tout se joue dans la prime enfance et sur les forces sexuelles ou d’un ego brutal qui nous animent. Un flot de pulsions est enfoui au fond de nos caves intérieures et sont refoulées par un gardien que notre éducation a placé là, entre le conscient et l’inconscient, pour empêcher qu’elles surgissent au grand jour et nous conduisent à des actes répréhensibles, ou que nous jugeons répréhensibles. Ce gardien se nomme le « sur-moi » Il est très vigilant, intraitable tout le jour. Mais ces pulsions doivent prendre l’air de temps à autre, comme une soupape de sécurité, or le sur-moi lui ne dort pas, mais il peut être trompé ! Ces pulsions alors se déguisent, prennent des apparences autres, et le gardien les laisse passer à travers nos rêves. En fait le symbolisme des rêves pour Freud, c’est un mensonge conçu par l’inconscient pour libérer dans notre conscient tout ce qui a été refoulé en lui. La psychanalyse possède donc un matériau idéal pour savoir ce qui se cache au fond de nous et perturbe nos comportements et nos êtres. L’art du psychanalyste consiste donc à retrouver la réalité sous le subterfuge.

Jung

Avec Yung, nous nous approchons du champ de notre propos, là aussi, simplifions en ne retenant que deux notions fondamentales de ce chercheur lumineux en relation avec ce qui va suivre : l’individuation et l’archétype de l’anima et de l’animus.

L’individuation est un processus de différenciation qui a pour but de développer la personnalité individuelle ». On pourrait donc traduire le mot d’« individuation » par « réalisation de soi-même » dans sa totalité.

Jung évoque aussitôt le possible reproche d’individualisme. Il déclare que « l’individuation est une nécessité naturelle ». Il explique en même temps que « l’individu n’est pas seulement unité », que « son existence même présuppose des rapports collectifs », et que l’individuation, bien loin de mener à l’isolement, est la condition d’une « cohésion collective plus intensive et plus universelle ».

En somme le but de toute vie est de trouver le plus largement possible son Soi véritable, unique, de réconcilier les contraires en nous, ouvrir sa conscience à des horizons enclos en lui tout en les assimilant positivement.

Nous sommes bien au-delà de la pensée freudienne.

L’archétype de l’anima et de l’animus. Pour Jung, sous l’inconscient personnel existe une « couche plus profonde qui ne provient pas d’expériences ou d’acquisitions personnelles, mais qui est innée. « Cet inconscient collectif », qu’il conviendrait bien mieux d’appeler « universel »… offre des directions, des pulsions d’éclosion, des thèmes universels qui sont les mêmes partout et chez tous les individus.

Ce sont des cadres vides que chaque homme actualise à travers sa propre culture et sa propre expérience. Je n’évoquerai que celui de l’animus et de l’anima, parce qu’il rentre dans le fondement même de ce que je crois être la révélation de soi-même à un moment donné de notre existence.

Si nous sommes un homme, la part féminine qui est en nous, nous l’appellerons l’anima, si nous sommes une femme, la part masculine qui est en nous, nous l’appellerons l’animus.

Ces deux notions sont fondamentales parce qu ‘elle recouvre deux forces opposées mais complémentaires. Les deux forces fondatrices de la psyché humaine.

La force masculine dans un être recherche à l’individualiser à l’imposer contre vents et marées. En excès, cette force est tyrannique, sans cœur, égoïste. Mais par contre, en positif, elle permet d’avancer, d’imposer de nouvelles idées face à la pensée unique, elle joue un rôle prophétique, elle amène dans la vie les germes de l’avenir. Elle donne sens.

La force féminine est celle qui relie, c’est une force d’amour, de compassion, de communion. Sa tâche aussi est d’ancrer les visions masculines sur terre, de les réaliser. La force féminine est essentiellement terrestre, réalisatrice.

J’arrête là, cette approche analytique des rêves, parce qu’il est nécessaire avant de poursuivre d’envisager des clés de lecture toutes simples. Alors qu’est-ce que je vais tenter de montrer à propos des rêves.

Trois clés de compréhension en ce qui concerne cette première fonction des rêves.

Alors, envisageons quelques pistes nous permettant d’aborder le message que peut nous offrir un rêve.

Première piste.

Dans le cas de cette première approche du rêve au niveau du développement de notre personnalité, chaque personnage, chaque animal, chaque plante, chaque objet, chaque situation qui apparaissent dans vos rêves sont des éléments qui reflètent une partie de vous-même. Prenons un exemple : vous apercevez, ou vous êtes dans une maison…
La maison, c’est l’image de vous-même à l’instant précis de votre vie où a lieu ce rêve.
Un rêve c’est la carte météo exacte de votre être tel qu’il se présente au moment où vous faites ce rêve, par rapport à votre vécu issu d’un passé proche.
Nous allons admettre également, et ce n’est pas là une petite affaire qu’au fond de nous se trouve une super-conscience qui soit doué du pouvoir de nous connaître parfaitement

Seconde piste.

Avec une insistance récurrente, presque quotidienne, les rêves nous incitent à développer les forces masculines ou féminines qui nous font défaut ou qui souffrent de distorsions. Il semble d’après ma propre expérience qu’une partie de notre cheminement repose dans un premier temps à équilibrer, à vivifier ces deux forces. Prenons quelques exemples…

Donc rêver d’une femme ou à un symbole féminin comme l’eau, une vallée, un bateau… renseigne sur votre état présent face à vos forces de communion, d’amour, votre reliance aux autres dans votre participation au monde. Rêver d’une sorcière, par exemple indique un rapport très négatif avec votre féminité… Rêver d’une prostituée également puisqu’elle se donne, ce qui est positif, mais en échange d’argent, ce qui est un don totalement artificiel.

Puis rêver d’un homme ou à un symbole masculin, tout ce qui donne un sens, voyage, escalier, échelle, train, voiture, route… renseigne sur le rapport que nous entretenons avec le sens de notre vie, avec notre individuation. Notre vie a-t-elle un sens ? Si vous rêvez d’une échelle brisée, à un voyage qui mène à rien, à un bandit de grand chemin, à un accident de voiture ou de train ou d’avion, cela dénote une incapacité à trouver un sens à votre vie, ou à une crise de valeurs que vous traversez.

Voilà, le rôle premier du rêve : l’accomplissement de votre personnalité unique dans une reliance d’amour, une sensibilité vive, avec l’humanité et la terre, en gros, accomplir en soi les noces alchimiques entre l’unique et l’universel, entre l’homme et le femme.

Troisième piste.

Le rêve ensuite, comme j’ai pu le constater au fil de bien des nuits, conduit ensuite ou parallèlement à zoomer sur ce que j’appelle, m’inspirant d’ailleurs du vocabulaire des « dialogues avec l’Ange » : l’ancien et le nouveau…

Les rêves relatifs à l’ancien sont les plus courants, ils nous dévoilent un usage périmé d’une de nos façons d’être et qui donne envie de nous comporter différemment. Un rêve n’est jamais directif, il agit comme miroir de nos êtres à un moment donné. Il donne l’image exacte de notre état par rapport à notre statut d’être en évolution. Ou nous stagnons, ou nous progressons. Il n’y a jamais un conseil, jamais une solution offerte, comme si nous devions ouvrir par nous-même notre propre chemin.

Là, c’est un des grands messages des rêves au niveau de l’initiation spirituelle que nous allons aborder bientôt.

Comment se manifeste l’ancien au niveau des songes ? Tout d’abord par la luminosité de la scène rêvée. Le gris, le sombre, le marron triste, tout ce qui nimbe un paysage ou un personnage d’une luminosité glauque indique qu’une part de notre être perpétue à travers son mental et ses actes des façons, des modes, une direction périmée qui nuit à notre cheminement. C’est évidemment un avertissement, comme celui d’une inondation boueuse, d’un accident, d’un cataclysme, images de l’aboutissement de votre démarche présente, bien évidemment dans une perspective évolutive de votre être.

Des personnages symboliques apparaissent alors. Supposez que vous vous lanciez dans une quelconque entreprise et que vous rêviez d’un de vos oncles, soyez assuré qu’il y a là l’indication que vous faites fausse route. L’oncle, c’est le faux-père, et ses enfants, vos cousins, sont les fruits d’une réalisation qui n’est pas dans la lignée de ce que vous auriez dû réaliser. Votre entreprise est morte, n’est pas porteuse d’évolution intérieure pour vous.

Même le père et la mère, ne sont pas des symboles très positifs la plupart du temps, mais indiquent plutôt comme un retard pris dans votre réalisation personnelle, comme si leur enfant, c’est à dire vous restait à l’état infantile, presque embryonnaire, le père étant ce qui représente idéalement la force masculine et la mère la force féminine.

Tout ce qui est relié au passé dans un rêve signe l’ancien, sauf si les images baignent dans une beauté rayonnante, car nous aurons là une sorte d’alchimie transfiguratrice de votre perception du réel.

Quant au nouveau, c’est évidemment, un signe d’encouragement, de reconnaissance envoyé par la conscience quantique au cœur de votre psyché à votre être de surface. Evidemment la luminosité du rêve joue en premier : le bleu, l’or, l’orange, le vert des paysages… la douce agréabilité de la scène…

Mais les personnages intervenant dans le rêve sont aussi essentiels.

La présence d’un enfant, que ce soit vous dans le passé, un de vos enfants ou un enfant inconnu signe toujours lorsque celui ci n’est pas en proie à un quelconque tourment évidemment, est l’indice que vous êtes, si j’ose dire, sur la bonne voie.

L’intervention de jeunes gens, souvent de jeunes femmes est l’indication que des forces nouvelles sont à l’œuvre en vous et travaillent à votre émancipation. Tous les cas de figure sont possibles, si des soldats chassent des adolescents, c’est que votre sur-moi chasse les possibilités de libération qui sont les vôtres.

Le rêve pour moi aurait donc pour fonction dans un premier temps de nous permettre d’accéder à la totalité de notre personnalité, unifiée, unique, agissante, épanouie, reliée, souriante… Puis, lorsque cet état, où la personnalité est apte à déployer toutes ses qualités est atteint, le rêve aurait alors pour fonction d’aider à la réalisation de notre mission, de notre légende personnelle au cœur de l’humanité. Cela suppose bien évidemment que chacun d’entre nous par intuition soit persuadé d’avoir une tâche à accomplir, que seul nous avons la capacité d’accomplir au mieux. Chaque individu est unique au sein d’un vaste mouvement évolutif de l’univers, concentré actuellement sur la terre.

Le rêve comme initiation au grand sens de notre existence personnelle et terrestre.

Sri Aurobindo prenait l’image pour transcrire au mieux ce qu’était la création d’un pot de miel composée de milliards et de milliards de gouttelettes de ce nectar, et ces perles prenaient conscience de leur unicité au cœur d’une immensité de félicité…

Nous sommes uniques au cœur d’un flot général qui coule vers une extase à venir, pourtant déjà enclose dans le présent.

J’ai évoqué le travail des rêves pour donner réalité à notre unicité disons psychologique et spirituelle. Il n’y a pas de compartiments dans ce domaine : tout est croissance vers l’expression d’une totalité agissante.

Le passage à un degré plus élevé de la fonction onirique, ce stade que certains psychologues appellent « les grands rêves » se fait par la limpidité symbolique des situations et des images. Nous avançons vers la clarté tout en conservant tout de même une part de magie, de poésie…

Cette clarté est totale lorsqu’en rêve nous recevons un message que nous lisons et entendons.
Mais quelle puissance renferme l’expression de ces messages !

Et parfois avec quel humour il s’adresse à nous !

En fait, et c’est en cela que peut-être je me démarque, c’est qu’à un certain niveau d’analyse, je situe les interprétations des rêves que je reçois comme une sorte de prophétie de ce que sera la condition humaine dans un proche avenir. Je me trompe peut-être,

Le rêve initiatique personnel.

C’est celui qui cherche à nous conduire vers ce que doit accomplir notre être en cette vie. Mais là non plus ne croyez pas que la réponse va tomber du ciel dans votre assiette. Jamais le travail de révélation et de réalisation ne sera fait pour vous sauf peut-être dans un seul domaine que nous aborderons à la fin. Les rêves sont des conseilleurs, pas des payeurs !

Combien de fois j’ai vu en songe, des messagers du ciel, parfois sous forme caricaturale, qui m’encourageait de haut sans pouvoir m’aider vraiment. Alors que j’étais en situation critique sur un chemin escarpé, un avion passait hautain dans le ciel et une voix en sortait : « notre amour suit tes pas »… j’en fus ravi, mais j’aurais préféré une corde ou une aide matérielle.

C’est toujours ainsi : je grimpe une falaise lisse, je suis à deux doigts d’atteindre le sommet, mais cela me paraît impossible, et tout en haut une sorte de Lino Ventura , m’encourage gentiment mais sans apporter la moindre aide. De tout cela il ressort qu’une partie du chemin, repose uniquement sur nos propres forces. Cela me renvoie à une donnée que l’on trouve dans les « dialogues avec l’ange » : celle de l’acte libre…

La création a besoin d’êtres libres.

Il en est de même avec la révélation de notre propre mission à accomplir… Jamais, elle n’est entièrement révélée par les rêves. Je pense que la vie nous donne à accomplir ce que nous pouvons entreprendre, lorsque l’Outil est prêt.

De toute façon, nos rêves depuis notre enfance concourent à accomplir une stratégie de réalisation de nous-même jusqu’à cet acte librement consenti nous permettant de participer à la naissance du Nouveau sur une terre embellie.

L’initiation au grand sens de l’évolution terrestre.

Là, nous sommes dans la divulgation d’un possible à notre portée, et là vraiment, il y a révélation.

Que nous apprennent les rêves que j’ai notés de moi ou de mon entourage ?

Une Vie nouvelle incroyablement vivante cette fois-ci, qui va chambouler toutes nos valeurs et à portée de nous, dès aujourd’hui. Le rêve-vision de Muriel Banal sur Venise le symbolise parfaitement. Ecoutons-la :

Les gens autour de nous évoluent en gondoles le long des canaux millénaires tracés par les hommes du passé. Mais soudain sur la mer, se dresse un mur formidable d’eau si dense et si absolu qu’il semble impossible à nos pauvres bateaux d’espérer même y pénétrer.

Cette immense vague immobile semble tenue en l’air par une sorte d’aberration des lois coutumières de la nature.

Muriel par contre se sent capable de pénétrer à l’intérieur de cette masse d’énergie…

Moi-même, j’ai reçu en rêve la vision d’une phrase :

« Fiat carillonne : Voici la mer, la haute vague, là où commence la vraie vie ! »

N’étant pas latiniste, j’ai traduit fiat sur le coup par « lumière », j’ai appris plus tard que cette expression signifiait « Que cela soit fait… »

Le premier symbole de cette vie nouvelle est l’océan sans limite, puissant, inconnu, il s’oppose à nos petits canaux et nos gondoles qui furent un temps beautés et qui sont aujourd’hui dérisoires.

Il est à noter, que dans tous les rêves étudiés, je n’ai trouvé d’océan négatif, contrairement à l’eau en général qui peut souvent traduire l’inaccompli en nous.

Tous les messages des rêves reçus relatif à une vie nouvelle à nos portes soulignent le caractère tout à fait inédit de ce que nous allons vivre, une vie comme nous pouvons le lire dans les dialogues avec l’ange, en comparaison de laquelle notre existence présente est une mort, un mauvais rêve. D’ailleurs les grands chamans appellent notre vécu actuel « un rêve » qu’il leur faut dissiper pour trouver la vraie réalité.

Difficile à décrire cette vie nouvelle totalement inédite et pas réservée à une élite spirituelle. Ce passage qu’il est plaisant d’imaginer collectif ne se trouve pas au terme d’efforts vers quelques vertus puisant leurs sources dans les valeurs religieuses. Tout est autre, vraiment.

Philippe, présent ce soir dans la salle, une nuit de Noël a reçu en rêve le message suivant : « Pour le Nouveau, tout va changer, cela n’ a rien à voir avec les grands chemins, c’est nouveau et puis c’est tout ! »

Chaque rêve relatif à cette question insiste sur le fait qu’il n’est pas de prix à payer pour bénéficier de cet état d’être. Je me suis toujours considéré à tord ou à raison comme très indigne par rapport à cette vision que j’ai de la vie, or avec humour un rêve m’a apporté un peu de réconfort… Il y avait sur la ligne de départ d’une course à pied quelques athlètes remarquables, symboles des athlètes de la vie spirituelle sans doute, ceux qui s’entraînent à être parfaits. Arrive Gainsbourg qui se glisse parmi eux et lorsque le départ a lieu, petit à petit Gainsbourg remonte tous les concurrents et franchit en tête la ligne d’arrivée !

De même, tous les rêves que j’ai faits sur les initiations anciennes, tous aboutissent à l’idée qu’elles sont désuètes, conduisant l’adepte dans une impasse, à la mort sempiternelle.

La seule initiation qui soit provient de notre propre cheminement. Je me suis vu en rêve « m’auto-initiant » la paume de la main située sur le front, les doigts en direction du sommet du crâne. Reprenant une expression des « dialogues avec l’ange », une voix affirmait « Vous êtes tous des Jésus et d’ici peu vous verrez la naissance d’une terre nouvelle. Il n’est pas question d’un retour du Christ mais de l’avènement physique de la part christique que nous portons en nous.

Ce chemin, il faut simplement le vouloir contre vent et marée, le porter en soi sans trêve, même quand nous dérogeons, quand nous sombrons dans la nuit. Et cela grandit en nous. Vigilance aussi par rapport à nos ressentis physiques, car là et bien le grand mystère : les noces du ciel et de la terre, les noces de l’absolu avec le corps.

La matière est glorifiée. Je vais vous raconter un rêve que j’ai fait à ce sujet :

Je me retrouve en compagnie d’Alaya dans le salon d’une maison où vivent des amis pratiquant une vie spirituelle très classique. Leurs deux fils rayonnent de gentillesse. Je remarque étonné, la présence d’une petite femme haute de vingt centimètres à peine qui danse sur la table avant de sauter sur une étagère en riant. Elsa à ce moment rentre dans la pièce et vient près de moi, très intéressée par ce petit être si sympathique.

— Tu vois me dit Alaya, elle sourit car elle s’est élevée de la table à l’étagère.

Un des deux adolescents la saisit par le talon et commence à jouer avec elle méchamment, mais innocemment, comme s’il s’agissait d’une poupée…

Comble de l’horreur, il l’enflamme avec un briquet sans se douter que cette petite femme souffre…

Ma petite Elsa s’élance et crie :

— Mais elle souffre, elle est consciente, il ne faut pas faire cela !

Je récupère cette femme, pour la bercer doucement en lui redonnant vie.

Elle commence à gazouiller les yeux fermés.

Cette petite femme, c’est la matière de vos corps ! Au mieux, les spiritualités et les sciences ont considéré le corps comme un bon outil permettant notre passage dans le monde matériel. Toutes ces idéologies l’ont respecté pour qu’il fonctionne au mieux. Mais peu ont vu en lui un être conscient : « Cendre, tout n’est que cendre… » On l’enterre ou on le brûle au bout du chemin. Ce temps-là doit prendre fin.

Les rêves que j’ai faits à ce sujet sont légions…

Une donnée essentielle que j’ai relevée à travers l’initiation onirique, c’est le fait qu’actuellement la frontière séparant le monde des vivants de celui des prétendus morts est en train de ses dissoudre. Et je ne citerai qu’une phrase à ce sujet qu’une nuit j’ai reçu :

« Un jour viendra
De multi-matière
De multi-présence
Où tous ceux qui ne peuvent se rencontrer
Se rencontreront. »

Toutes les lois de l’univers vont être bouleversées. Nous allons vivre dans un monde quantique, il n’y aura plus de cages.

Au niveau des symboles recouvrant cette naissance d’un monde nouveau, ce sont souvent les couleurs qui témoignent de cette lente alchimie. Le bleu est la force de l’absolu, le rouge est l’image du travail qui s’accomplit dans notre chair, le violet est l’image de la matière en général qu’imprègne de partout l’esprit et l’orange celle de la matière future de nos corps.
Le vert est présent aussi avec le sens traditionnel du renouveau, du nouveau en général.

Poursuivons dans cette quête des symboles…

Le chiffre 4, exprime le monde nouveau ou l’homme nouveau ainsi que le neuf mais avec une coloration divine.
15 heures, cette heure christique, l’heure des dialogues avec l’ange, l’heure où tout basculera.

La montagne est très symbolique des noces de l’esprit et de la matière.

La lumière argentée accompagne presque toujours la divulgation d’un message, pour moi c’est la lumière de la parole de l’Ange, cette partie divine qui est nôtre.

Le sapin arbre de l’immortalité et à plus forte raison le sapin de Noël avec ses branches illuminées, symbole de la matière glorifiée.

La couronne avec des perles vertes et rouges parfois voletant au-dessus symbolise l’homme nouveau, couronné.

Le symbolisme lié aux noces du ciel et de la terre est varié et digne d’un formidable pouvoir de création géniale, tel ce château dont le toit très haut s’incurve pour toucher le sol.

Le cerf doté de bois magnifiques représente aussi cette réalisation…

Un dernier symbole important : celui de la cathédrale. Elle symbolise la création nouvelle avec ses pierres, images des cellules du corps.

Je voudrais finir par ce rêve que j’ai fait et qui est sans doute prophétique de ce qui va se passer dans un avenir proche.

Je vois apparaître la cathédrale Saint Jean de Lyon, haut lieu alchimique… Les pierres sont parfaitement nettoyées comme après un ravalement. J’en déduis que la matière du corps a été purifiée.

Je remarque qu’un ouvrier un peu espiègle, original, mais très concentré sur sa tâche, badigeonne soudain à larges coups de pinceau du bleu épais et profond sur les pierres en losanges ou carrés.

Il agit presque avec insolence : jamais personne ne s’est comporté ainsi, c’est presque scandaleux.

L’artisan emploie à présent la technique suivante : il appuie son pinceau au sommet d’un motif gravé sur les pierres et la peinture désormais très fluide coule le long des sillons. Il nous semble que le bleu évolue, change, s’enfonce dans la pierre : les cellules du corps… Apparemment la couleur bleue n’est plus présente en surface et ce fait donne l’impression que rien ne se passe…

Puis le peintre fait le clown sur le parvis de la cathédrale, comme ivre de joie à l’idée que sa tâche est accomplie. Les personnes qui le regardent sont enthousiasmées et applaudissent.

Soudain, splendeur, splendeur innommable ! La façade de la cathédrale n’est plus qu’un embrasement orange et jaune ! Je retrouve le symbole de l’orange, celui de la couleur du corps nouveau.
Le bleu s’était comme infiltré dans la pierre jusqu’à disparaître, et le travail s’était déroulé à la dérobée… Et brusquement tout a éclaté au grand jour.

Devant, une statue magnifique est cassée par terre, elle représente la vierge éplorée tenant la tête de Jésus crucifiée contre son épaule.

Le temps de la douleur est fini, celui de la merveille commence.

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