Mars 2012 : Luc ANDRIEUX « La naissance de la conscience morale »

Vendredi 23 mars 2012

« La naissance de la conscience morale »
Luc ANDRIEUX
Formateur en IFSI, sociologue et doctorant en philosophie

Pourquoi sommes-nous moraux ?
Aux origines de la conscience morale

Le problème

Si poser la question des fondements de la conscience morale, revient à poser celle aporétique (insoluble) de la genèse de l’idée morale chez l’humain, un vaste champ de spéculations hypothétiques risque de s’ouvrir. Il s’agit plutôt de contourner ce délicat problème pour l’envisager sous un angle pensable en terme philosophique. La conscience morale est-elle inhérente à notre nature, ou est-elle une construction sociale qui se cherche, se réinvente, et peut être s’améliore à partir des aléas chaotiques de l’histoire de la civilisation humaine ? Une chose est certaine : toute société ne peut se passer de ce questionnement et cherche à instituer une conduite individuelle conforme à un idéal normatif de bonté, de justice, de respect. La morale interroge inévitablement l’idée abstraite de la valeur et des normes qui sont ses aspects pratiques. Ces valeurs et ces normes, pour relatives et variables qu’elles soient, sont cependant universelles, et sont autant de repères propres à toutes les sociétés humaines pour définir les comportements individuels et collectifs.

La méthode

La question des fondements de la morale conduit donc à une problématique non pas de l’origine, au sens chronologique, mais de la nature de ce qui peut donner du sens aux attentes et aux exigences morales des sociétés humaines. Elle sera explorée ici à partir de quatre questions qui, bien que controversées, apparaissent toutefois fondamentales.

En premier lieu, il convient de distinguer trois notions qui tout en étant apparentées possèdent cependant un champ spécifique.

- La morale peut se définir comme un ensemble de règles normatives pratiques reposant sur des valeurs. Les normes morales s’imposent de manière intangible et fixent des comportements attendus comme normaux. Elle renvoie le plus souvent à un ou plusieurs dieux, ou en tous cas, à une vision du monde justifiant telle ou telle attitude face à la nature, à une transcendance, à autrui ou à la communauté. Il peut y avoir des morales sans dieu (morale laïque) mais il n’y a pas de religion sans morale

- La notion plus anthropologique de sacré concerne un sentiment de respect, d’inquiétude ou de crainte face au mystère du monde naturel et humain. Il définit des interdits, il distingue les notions d’impureté, de permis et d’interdit qui contribuent à donner un sens à la vie, à la mort et à l’être ensemble des humains. Une profanation, une souillure corporelle, une intrusion dans un lieu sacré, la réalisation d’un acte interdit ou tout autre comportement mettant en contact avec ce qui est sacralisé, conduit à un sentiment de transgression et à l’exposition au désordre, donc à la punition.

- La religion, comme forme du sacré, donne un sens à la vie et à la mort dans un système cohérent et complexe, définissant un ou plusieurs être(s) anthropomorphisé(s) auquel(s) est (sont) attribué(s) un pouvoir de définition de règles impératives à suivre, sous peine de châtiments dans le monde présent ou dans un au-delà envisagé.

La morale a-t-elle une origine ou est-elle consubstantielle à une nature humaine ?

L’humain, quels que soient les lieux ou les époques est caractérisé par sa capacité à symboliser et à penser d’une manière fort complexe. Le sentiment du sacré est universel bien qu’il prenne des formes en apparence très diverses : les critères des règles morales sont polymorphes, et le plus souvent aux yeux des autres cultures, étranges, contradictoires ou mêmes jugées inhumaines. Il semble, depuis un peu plus de 100.000 ans, que les humains, face au mystère inquiétant et questionnant de la mort, pratiquent des rites à forte connotation symbolique. Le corps du défunt était souvent paré de fleurs, maquillé, placé dans une posture spécifique pensée, et mis en présence d’un mobilier funéraire rappelant souvent son statut ou ses activités caractéristiques. Les idées de sacré et de respect de règles cultuelles sont probablement au cœur des sociétés humaines depuis longtemps et ont fondé les religions premières qui ont cherché à voir dans la nature environnante un sens caché, auquel le sacré tente de donner un sens, une explication et ainsi, une attitude à adopter par des rites ou des modes de comportement afin de favoriser, provoquer, éviter ou réparer les faveurs ou les méfaits des forces de la nature. Le sacré donne du sens aux phénomènes de la nature et de la vie, organise la vie sociale, impose une hiérarchie et définit les devoirs et les sanctions aux individus contrevenant aux « devoirs naturels » justifiés par l’ordre du monde pensé. Les conceptions du Bien en opposition au Mal, du Juste et de l’Injuste, du Permis et de l’Interdit sont toujours identifiables dans les cultures humaines du passé et du présent. L’anthropologue, Claude Lévi-Strauss parlait pour chaque société d’invariants culturels, qui sont autant de structures universelles de la pensée. Il n’y a donc pas de sociétés primitives, car partout les catégories de pur et d’impur, de beau et de laid, de permis et d’interdit, de bien et de mal, etc ; sont universellement rencontrées. Toutes les sociétés humaines, à l’image du kaléidoscope, structurent les invariants culturels en fonction de choix en lien avec leur milieu, leur histoire et les contingences socio historiques. L’altruisme, la compassion et le tabou de l’inceste sont les trois valeurs morales universelles propres à l’humain. Si pour Darwin, la nature est celle du droit du plus fort et du plus adapté, seul l’homme se distingue par sa capacité à produire des sentiments moraux. Cependant la possibilité de l’existence d’une morale animale est posée en raison de l’observation de conduites laissant supposer sans sombrer dans l’anthropomorphisme, une réalité de l’entraide empathique. Des baleines, des dauphins, des chauves-souris et bien d’autres espèces semblent développer des attitudes d’entraide. Quelles en sont les origines : instinctuelles, c’est-à-dire génétiques ou émotionnelles, c’est-à-dire réflexive ? Jusque ici, seul les humains paraissent capables de formuler des jugements moraux. Pourtant, certains chercheurs sociobiologistes escomptent trouver dans certains gènes humains les mêmes aptitudes génétiques aux comportements sociaux voire moraux. Il n’est pas possible ici de développer les inévitables questions posées par une telle perspective : la moralité et l’amoralité seraient alors génétiques ? Quelle place alors pour la conscience morale puisque le « vrai » comportement moral serait inscrit dans une nature ?

Dans un autre registre, le philosophe Emmanuel Levinas naturalise en quelque sorte le sentiment moral en accordant à la simple contemplation du visage d’autrui un sentiment de l’infini et de la sacralité qui engage de fait notre responsabilité. Le simple face à face donne une idée intuitive de l’idée de fragilité d’autrui faisant naître le « tu ne tueras point ».

La morale est-elle liée à l’idée de la nature sociale de la faute ?

L’aspect anthropologique de cette réflexion ne peut laisser dans l’ombre la constatation que dans presque tous les systèmes symboliques la morale est liée à une faute originelle justifiant l’observance de règles à suivre. Nombreuses religions, mythologies ou cosmogonies évoquent comme mythe fondateur un épisode en lien avec un épisode contre nature de l’humanité punie pour cet acte sacrilège et transgressif. Les mythes du paradis perdu en raison d’une faute morale sont très répandus. L’hindouisme voit la condition humaine inscrite dans long cycle de réincarnations successives (samsara) dépendant des actions commises dans une vie antérieure. Un bon karma correspond à une vie précédente conforme à l’idée morale de bonnes actions et de détachement face aux passions et aux excès du monde. La bonne conduite morale est celle de l’ascèse et du renoncement aux vanités d’un monde empreint de souffrances. Le bénéfice des actions morales se révélera dans la réincarnation à venir jusqu’au détachement final (nirvana). La Bible accorde le premier sentiment moral à la conscience d’une nudité honteuse associée aux conséquences de la faute originelle. Les tables de la Loi révélées à Moïse sont les normes divines données aux Hébreux dans un contexte de désobéissances, de fautes, de superstitions, d’adorations sacrilèges et de recherche du chemin vers la terre promise. Le monothéisme juif fonde la question morale sur la personne, qui est seule à pouvoir orienter son salut ou sa damnation post mortem par le libre arbitre de suivre ou non les commandements d’un Dieu protecteur mais jaloux, salvateur mais exigeant. La culpabilité liée à la faute est un fondement des morales monothéistes qui justifie les conduites d’expiation. Le lévitique est un des livres de la Bible comportant le plus de commandements relatifs aux comportements moraux. Il fixe des impératifs sur les plans alimentaires, vestimentaires, corporels, interindividuels de manières très complexes où domine la notion d’impureté donc de souillure. L’anthropologue Mary Douglas, fonde une analyse de l’ordre et du désordre social à partir de la vision du monde du peuple Hébreux, de ses stratégies de distinction symbolique avec les peuples voisins ou oppresseurs par des pratiques opposées notamment sur le plan alimentaire. La contagion érigée en souillure ou en mal, correspond souvent aux mœurs de l’autre.

Dans ses réflexions sur l’anthropologie de la culpabilité morale, Freud reprend les thèses darwiniennes de la horde primitive pour expliquer le sentiment de culpabilité morale par le meurtre fondateur et fictif du père, jalousé, tué et ingéré par les fils (repas totémique) pour prendre possession des femmes, écartées jusqu’alors. Il voit dans cet épisode le fondement du sentiment moral, du tabou de l’inceste, du complexe d’Œdipe, de la naissance du surmoi, des origines des normes sociales et pour tout dire, de la civilisation.

Un tout autre aspect du problème est lié non à la faute, mais en négatif à l’absence de faute qui serait une norme anthropologique sous forme de sagesse universelle. En effet, l’idée d’une « règle d’or » (cliquer pour télécharger le document) propre à toutes les sociétés humaines semble reposer sur une maxime simplissime et indiscutable : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fasse » pour sa version négative. La version positive et incitative peut s’exprimer sous la forme : « fais à autrui ce que tu voudrais qu’il te fasse ». De très nombreuses philosophies, religions ou sagesses à des époques différentes reprennent presque mot pour mot cette préconisation incitant à penser que ce principe repose sur un socle commun d’une règle d’or intangible de la socialité. On la retrouve chez Confucius, Bouddha, dans l’hindouisme, la Bible, les Evangiles et le Coran et dans la philosophie d’Epicure. Cette morale de réciprocité représente l’impératif le plus minimal et le plus simplement empathique qu’il soit. Il permet en quelque sorte une morale de base qui se passe de toute autre morale.

La morale est-elle fondée sur les émotions ou sur la raison ?

Bien des penseurs ont vu l’origine de la morale, en particulier de l’altruisme dans notre capacité à éprouver des émotions. Une sorte de nature émotionnelle serait à l’origine des sentiments vertueux comme « un principe inné de justice et de vertu ». C’est ainsi que Jean-Jacques Rousseau reconnait chez l’Humain une morale du sentiment basée sur la pitié et l’amour de soi. L’humain serait poussé à la compassion par sa nature émotionnelle. Artur Schopenhauer accorde à la pitié et à la compassion une manière d’échapper à l’égoïsme du « vouloir-vivre ». Pour d’autres, au contraire, il ne faut pas voir la morale uniquement sous l’angle de la compassion mais davantage sous celui de l’intérêt égoïste. Mandeville en 1705 avec sa fable des abeilles, nous montre que les vices privés sont à l’origine des avantages publics. Au sein de la ruche, chaque abeille, en travaillant pour son propre compte finie par produire un confort à toutes les autres. Le groupe peut gagner des bénéfices aux conduites personnelles. Il donne également l’exemple du libertin, qui tout entier préoccupé par son propre plaisir fait finalement le bonheur de tous en faisant fonctionner le commerce et en donnant du bonheur. Cette morale naissant de l’intérêt est à l’origine de nombreuses conceptions philosophiques (Hume, Jeremy Bentham et John Stuart-Mill montrant que la recherche du bonheur personnel fait celui du plus grand nombre) ou économiques (Adam Smith et les théories classiques libérales).

Contrairement à ce que pensait Aristote, qui voyait l’activité rationnelle de l’Homme comme nécessairement vertueuse par finalité, la morale ne peut pas toujours se fonder sur la raison. Dans le contrat originel, David Hume pense que les actions humaines sont dominées par les passions et les intérêts. A ce titre, les devoirs moraux ont une double base (instincts naturels et intérêts sociaux) empêchant toute confiance dans l’établissement de devoirs moraux sur des principes rationnels.

Emmanuel Kant, dans sa tentative de fonder en raison le devoir moral qui est en nous, s’appuie sur la « bonne volonté » de chacun et s’attache au devoir moral de respecter les trois impératifs catégoriques suivants :

« agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature ».

« agis de telle sorte que tu traites l’humanité, aussi bien dans la personne que la personne d’autrui comme une fin, jamais simplement comme un moyen ».

« agis comme si ta maxime devait servir de loi universelle pour tous les êtres raisonnables ».

La morale est-elle au-delà de la nature et de la culture ?

Face à cette difficulté à fonder la morale autrement que sur des contingences sociales et égoïste, d’autres philosophes ont pensé forger une morale du renoncement aux passions afin d’éviter toute souffrance existentielle. Les philosophies orientales à partir de Bouddha (Vé av J.C.) valorisent les morales individuelles du détachement face aux désirs, émotions, passions et vanités du monde social. La morale nait du renoncement : renoncement aux plaisirs jamais satisfaits, aux besoins non nécessaires, aux passions humaines toujours sources de souffrance (désirs, jalousie, méfiances, ambitions, avidités…). Le comportement moral est donc lié à la découverte du non agir afin de se couper de toutes les souffrances du monde.

Pour le philosophe grec Epicure (341-270 av JC), justice et morale ne sont que des conventions sociales qui se révèlent durables tant qu’elles sont utiles à la société. La véritables tranquillité n’intervient que lorsque l’on réussi à renoncer à tous les désirs et besoins non directement utiles à notre survie. La conduite morale est celle de la mise à distance de tout ce qui est source de dépendances et de souffrances évitables en profitant des bienfaits d’une vie simple et détachée de toute superficialité.

A la fin du XIX e siècle, Friedrich Nietzsche entreprend de renverser les valeurs habituelles, essentiellement socratiques et chrétiennes liées à l’idée de morale. Il pense l’altruisme comme une faiblesse et comme une imposition d’une morale des faibles contre celle des forts qui voient étouffer leur volonté de puissance légitime. Il recommande l’affranchissement de l’esprit pour valoriser le surhomme qui est notre vraie nature. Il voit dans les valeurs morales du christianisme une « morale d’esclave » ou « du troupeau » valorisant le renoncement et le sacrifice. Il rejette dos à dos le christianisme, le socialisme et le nihilisme, peinant à sortir des catégories du bien et du mal, au profit d’une morale dionysiaque révélant l’individu à ses propres forces et ses propres potentialités donc sa propre liberté d’être.

Pour une morale de la discussion ?

Quelles morale alors pour cette « ère du soupçon » dans laquelle nous vivons, où tout et tous sont susceptibles de sortir à tout moment d’un espace moral intangible. La foi dans les morales de la religion, des sciences, de la politique et des idéologies totalisantes qui deviennent vite totalitaires est entachée de tant de déceptions que les Humains, en tuant les dieux et Dieu, ont renvoyé à eux-mêmes la responsabilité de fonder une morale à leur mesure. Mais quelle mesure ? Qui fera la valeur de la valeur ? Pour quelles normes et quelles bornes d’actions morales ?

Face à une planète en proie à des périls de tous ordres, dans le cadre d’une civilisation technologique à hauts risques, la sphère de la morale s’est déplacée à d’autres niveaux que le simple niveau personnel ou même collectif. La question de la morale de la Vie et de l’Humain reposant sur des valeurs morales universelles et laïques est au cœur des questions posées par Hans Jonas, qui, dans le principe responsabilité, 1979 invite à créer une éthique de responsabilité dirigée vers le futur fondée sur la Vie des êtres et même de la planète. Il reconnait ainsi des vertus à l’espérance et à l’utopie. En reprenant Kant et en le critiquant, il élabore 4 impératifs catégoriques universels pouvant servir de cadre à cette morale des temps futurs.

« agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre.

Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d’une telle vie »

Ne compromet pas les conditions pour la survie indéfinie de l’humanité sur terre »

Inclus dans ton choix actuel l’intégrité future de l’homme comme objet secondaire de ton vouloir ».

Jürgen Habermas, dans morale et communication, en 1988 en continuateur de l’école de Francfort, entreprend quant à lui, de réfléchir aux conditions de la constitution d’un espace public favorable à une éthique de la discussion (qu’il nomme agir communicationnel) permettant la meilleur entente possible entre les divers partenaires en négociation. La morale dans ce cas est essentiellement liée aux choix démocratiques respectant un maximum de critères de justice et de consensus.

Pour ne surtout pas conclure

Quelle soit inscrite dans notre nature, élaborée par le biais de la raison ou née des intérêts individuels, l’origine de la morale est moins une question généalogique qu’une question pratique du vivre ensemble des Humains. Nous sommes moraux avant tout parce que nous aspirons à vivre heureux en communauté. La question de la limite de l’action individuelle se pose en même temps que celle de liberté accordée par le groupe. Si la question du fondement de la morale engage toujours la recherche de valeurs à révéler ou à constituer, elle ne peut éluder la question de l’égalité, de la justice et de la liberté d’adhésion à des valeurs à la fois universelles et contextuelles qu’il importe de débattre.

« Seul l’homme suit des règles, parce que seul l’homme peut ne pas les suivre »

Eric Weil, philosophie morale, 1998

Bibliographie sommaire

w Franz De Wall, Le bon singe : les bases naturelles de la morale, 1997

w Mary Douglas, De la souillure, essai sur les notions de pollution et de tabou, 1996

w Sigmund Freud, Totem et tabou, 1913, Malaise dans la civilisation, 1929

w René Girard, la violence et le sacré, 1972, Des choses cachées depuis la fondation du monde, 1978

w Jürgen Habermas, Morale et communication, 1988.

w David Hume, Du contrat originel, 1741

w Hans Jonas, Le principe responsabilité, 1979

w Emmanuel Levinas, Totalité et infini, 1961

w Friedrich Nietzsche, Par-delà bien et mal, 1886 Généalogie de la morale, 1887

w Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes, 1955

w Adam Smith, théorie des sentiments moraux, 1759

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