Projet

Au départ, un constat très simple : celui de la perte collective du sens des choses, le constat d’un certain « désenchantement de notre société », enfermés que nous sommes dans le « comment vivre ensemble » en oubliant le « pourquoi nous vivons ensemble ».

Dans sa quête perpétuelle du sens, l’humanité à inventé continuellement de nouvelles réponses en fonction du changement des situations ou de ses échecs antérieurs.

Sa formidable capacité d’apprentissage et d’adaptation a ouvert à l’Homme un champ de progression quasiment infini et c’est ainsi qu’il a été capable d’élaborer des concepts abstraits et de se projeter dans des spéculations sur l’au-delà, et au-delà de l’au-delà, sur l’existence de quelque chose qui le dépasse, qui nous dépasse infiniment. Même les partisans du « hasard cosmique » ne peuvent occulter la question de l’Origine des origines.

Cette montée de l’esprit humain vers l’inexplicable, vers le surnaturel, pour les croyants vers le divin qui vient même à sa rencontre pour les religions révélées en lui indiquant le chemin à suivre, cette montée de l’esprit se poursuit depuis l’aube de l’humanité pensante et constitue un champ d’investigation formidable ou se retrouvent aussi et entre autres la philosophie, la littérature et les arts.

Le nom d’Averroès donné à ce projet de cercle m’est apparu symbolique car cet homme a été le premier à traduire et à tenter de comprendre Aristote en voulant réconcilier Foi et raison. Ce juriste et théologien qui a été mis aux bans à la fois de sa propre communauté musulmane et des chrétiens contemporains, m’est apparu courageux par son indépendance d’esprit, à la croisée des spiritualités grecques, chrétiennes et musulmanes de l’époque, indépendance d’esprit qui me semble être le sens de notre projet.

Promouvoir la réflexion spirituelle dans le cadre d’un lieu d’échanges, de partages sans passion ni préjugé, telle est la motivation première de cette démarche, précisant que la spiritualité peut également s’entendre comme laïque, dans le sens de Luc Ferry, d’André Comte-Sponville ou d’Axel Kahn, qui considèrent que la spiritualité est une « intuition » propre à chaque être humain.

Enfin, ayons une pensée émue pour nos ancêtres qui griffonnèrent sur les murs de leurs grottes de Lascaux ou d’ailleurs, leurs premiers signes de religiosités et n’oublions pas non plus ces « sources de spiritualités » que sont les mythes fondateurs anciens de Mésopotamie, d’Egypte et de Grèce pour ne parler que de notre culture occidentale.


Jean-Philippe